le blog de marcel tauleigne

04 juin 2020

Billet d'humeur...

 

 

 

  Billet d’humeur d’une randonneuse déconfinée...après un long délaissement.

 

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Mai 2020: Premiers tours de roues depuis....: Sur les bords de lOuvèze à Bédarrides, dans le Vaucluse.

  

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1985: À mon époque de gloire, équipée de mes sacoches... sur une route d'Italie.  

 

                    Depuis des mois, des années dois-je dire, je me sens comme écartée de son regard. Pour bien le connaître, je le sais, son comportement n’a rien de dédaigneux. Non, il s’agit d’un évitement à l'égard de ce que je suis devenue. C’est à dire vieille et démodée.

     Mise à distance de ses projets, il me reste les souvenirs du temps où je fus sienne. Je repasse en boucle les moments merveilleux que nous avons partagés. L'Italie, un peu d'Autriche, de Yougoslavie, la Suisse, l'Angleterre. Je pourrais, pendant des heures, vous conter les épisodes de certains nos périples, des drôles, des caucasses. En particulier en pleine montagne dans le Frioul, en Italie, où un violent orage nous conduisit à demander asile dans une maison de retraite à l’enseigne de la faucille et du marteau. Nous y fûmes chaleureusement accueillis, nourris et hébergés dans une ambiance tout de même quelque peu surréaliste. Mais à quoi bon revenir sur un passé qui réveille douloureusement en moi, ce qui aujourd’hui semble lui être devenu muet.

       Ce matin encore, sans mot dire, je l’ai vu venir dans ma direction. Cependant, depuis des lustres, je le sais, il ne vient plus pour moi. Il vient chercher ma sœur. Celle à laquelle à présent il me préfère au grand dam de ce que je peux en souffrir. Il n’y a pas de jalousie dans ma remarque, mais et sans toutefois pouvoir le lui manifester, le constat de trahison me peine cruellement.

 

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Ma rivale...

 

         À peine sortie du gîte que nous avons en commun, c’est d’elle dont il prend soin. C’est elle qu’il bichonne. Ma tristesse n’a pas de borne quand de moi, ils s’éloignent. Quand ils s'en vont... tous les deux.

    Je sais, pour avoir été sa complice pendant des décennies ce dont, elle et lui, vont me priver, même si en ce début de printemps leur course journalière ne sera pas longue. Pour en avoir été guidée pendant des années, ils vont à coup sûr prendre la direction du nord. Celle qui va les éloigner de la ville. À eux la campagne. À eux les douces odeurs de la terre fraîchement labourée. À eux les grands espaces décorés des premières fleurs de l’année. À eux les chemins muletiers absents de toute circulation automobile. Ils sauront, de mémoire, reconnaître leur itinéraire dés que l’occasion leur en offrira l’opportunité. Les Monts de Vaucluse auront alors leur faveur pour un entraînement en moyenne ascension et ce en vue de préparer leur programme d’été, où là, il s’agira de vrais cols à escalader. Vars, Izoard, le Galibier, pour ceux situés dans le Briançonnais en seront les premiers choisis. Plus tard et comme nous le faisions autrefois, ensemble, l’Iseran avec ses 2764 mètres sera leur Graal de l’année.

 

 

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Passerelle sur la Sorgue d'Entraigues...en Vaucluse.

 

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   Le dernier test avant la grande montagne sera bien évidemment la grimpée du Géant de Provence. Elle, avec son expérience maintenant acquise le sait; qui à pu écheller le Mont Ventoux est assuré de la meilleure des préparations pour tout autre sommet à gravir.

 

 

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                                                                              Le sommet du Mont Ventoux vu des prairies du Mont Serein

 

   Ils sont partis. Me voilà seule, délaissée dans ce coin de maison où la porte entrouverte laisse passer les premiers rayons de soleil d’une matinée prometteuse. Aujourd’hui, c’est la goutte qui fait déborder le vase de mes frustrations. Je n’en peux plus de leurs escapades. je suis à bout.

   Étrange, il n’a pas comme il le fait habituellement, refermé la pièce de mon habitat pour me protéger de l’éventuelle indélicatesse d’un rôdeur. Oubli? ou acte délibéré d’indifférence à mon égard! Il est vrai que depuis l’arrivée de la nouvelle, je ne sers plus à rien. Des idées folles me viennent alors en tête au point de décider vouloir fuir, loin. Le plus loin possible pour ne plus avoir à subir les outrages de sa part.

  Cruelle désillusion que fut alors la mienne dès l’intention de mon premier tour de roue. Pitoyable évidence que celle de constater mon impossibilité à pouvoir bouger de ma place. Mais où donc est passé  mon équilibre ?  Horrible sensation, je ne tiens pas debout!

  Combien de temps s’est il passé pour seulement m’apercevoir aujourd’hui que sans lui... j’étais invalide...

                                                                 Épilogue:

 

          L’histoire racontera plus tard que l’homme se repentit et fit amende honorable en la réhabilitant. Trahi par la jeunette, bien moins robuste en mécanique que son aînée, voilà que l'homme se ravisa. Il fit alors à la vieille dame une grande toilette. Il huila ses jointures et ses roulements, puis à la peau de chamois fit reluire sa peinture que la poussière du temps avait soigneusement protégée. Sa fierté et son honneur retrouvés, c’est ainsi, qu’elle et lui partirent pour de nouvelles aventures. Certes moins longues et moins fringantes que celles entreprises autrefois. Dame randonneuse et son valeureux chevalier ayant depuis le jour de leurs premières amours... pris quelques tours au compteur... de l’âge.

 Tiré à quatre épingles, voilà que ce matin il vient me décrocher de ma suspente. Ce jour, je vais le marquer d’une croix. De celle qui commémore les instants heureux. Premiers tours de pédales animés de façon volontaire, mais délicate. Sans doute pour me montrer une attention de respect au regard mon âge. Je veux y retenir une démarche de repentir. De pardon, peut être...

  La direction qu’il me fait prendre m’étonne, jusqu’au moment où nous nous dirigeons plein sud. Je reconnais là son intention, celle à laquelle il veut me faire participer. Surprenant pour vous qui ne le connaissez pas, mais moi, je sais à présent où nous allons.

   Ce que nous nous sommes dits sur ce lieu sacré, ce que nous nous sommes promis, restera notre secret. À moins qu’il me trahisse à nouveau, où la je me ferai sans doute parjure...

 

 

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                                                 Basilique de Saint Michel de Frigolet (Bouches du Rhône )

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                                                                          Chapitre II

                                                                           Rêverie…

       Et si c’était vrai! 

                        Aujourd’hui, au regard du rythme de nos sorties, des indices notables me laissent croire à un amour redevenu possible. 

    Bien que les prémices de notre histoire aient été évoqués lors d’un  courrier précédent, je vais tout de même vous en rappeler l’essentiel, la genèse, l’historique... 

       1985: C’est l’année où mon maître se présenta à la maternité des randonneuses construites sur mesures. Atteint par la maladie du cyclopathe et d’un âge suffisamment mûr pour des escapades au long court, c’est à cette époque qu’il se voulut doté de la Rolls des  randonneuses: c‘est à dire d’un équipage monté en 650. Modèle destiné à être équipé de tout une armada de sacoches. Compact, sa garde au sol relativement  basse permet, une fois le vélo chargé, de garantir une meilleure tenue de route qu’un modèle classique. Je rappelle que les vélos de course, par exemple, sont en 700. Indication qui correspond au diamètre des roues, ce qui en fait un vélo plus haut en garde au sol...que le 650!

      Arrivé en salle d’examen, par pudeur, la toise de mon futur maître put se faire sans qu’il lui soit demandé de se mettre à nu. Le passage en revue de certains points d’anatomie est semblable à celui d’une commande à passer chez un tailleur pour un costume trois pièces. En effet, les contraintes d’usage, dont certaines peuvent surprendre le nouveau venu y sont pratiquement identiques. Tout y passe... ou presque: longueur des bras, longueur des jambes, du buste, du tronc, largeur des épaules. Pour le détail, le relevé de la longueur des fémurs et celui de l’entre-jambes ne sont pas anodins. Ce dernier prête à rire à l’occasion de “touchettes” quand la jauge vient en gratifier ce dont Dame nature a doté le client à sa naissance! Plus sérieusement, cette mesure de l’entre-jambes est déterminante pour ce qu’il est convenu d’appeler la hauteur du cadre. Elle doit être précise. 

     Je vous passe les détails concernant le moulage afin d’obtenir une selle…fabriquée aux empreintes du cyclo!

   Voilà, sommairement racontée, l’histoire concernant l’objet de ma commande passée à la maternité des cycles Valéro, à Montpellier en l’an de grâce 1985.

    C’est à partir de cette époque et pendant deux décennies, que mon maître et moi fîmes équipe. Tels des amants inséparables, c’est ensemble que nous vécurent nos plus belles aventures. C’est lui qui le dit et je ne peux que le rejoindre dans ses appréciations. 

 

 

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1985: En direction de la Suisse.

 

    Tout était bien jusqu’au jour où il me mit aux rebuts pour prendre une nouvelle commande. Autant dire un maîtresse plus jeune. C’est ainsi que dédaignée pendant des années, j’en étais arrivée à vouloir mourir de... rouille quand dernièrement et pour une raison qui pour le moment continue à m’échapper, il est venu me dépendre de ma potence... de délaissée.

     Depuis, je me sens à nouveau redevenir sa complice. Sans toutefois trop nous éloigner du gîte... pour s’assurer que je suis encore capable de tenir la route, il ose des débuts d’aventure qui de jour en jour en voient leurs rayons s’agrandir.

       Nous voilà partis pour un tournée plus conséquente. Mon maître le sait, après un tel sevrage, la vie d’une randonneuse doit être ménagée et ses roulements mis en précaution d’un risque de surchauffe. C’est donc à une allure de Sénateur que les kilomètres s’égrainent. Avec soin et considération, sans accélération brutale afin d’en protéger ma carcasse, mon maître me guide vers mes balades d’antan. Je me sens redevenue légère. Le bonheur, porté par nos retrouvailles, me soulage du poids qu’un désespoir alourdissait depuis des années.

           Aujourd’hui, comme autrefois, sortie d'entraînement dans un esprit de cyclotouriste où la dépense physique se veut être au service de son appétit culturel. Autrement dit, les arrêts photos sont fréquents pour immortaliser les monuments historiques et les vieilles pierres, auxquelles, vous l’avez sans doute remarqué, je suis souvent...associée. Je n’en prends pas ombrage, son humour ne se veut que taquin. L’homme n’est pas méchant. Je sais également l’octogénaire conscient de ne plus être de première jeunesse.  C’est là, sa façon, son clin d’oeil de m’associer à cet état de plénitude que la vie nous offre... à nouveau. 

 

 

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En Vaucluse: Le pont de Bédarrides construit en1640.

 

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En Vaucluse: Le château de Venasque construit en 1544.

 

 

     Je suis heureuse de redevenir présente dans sa vie de cycliste, dans les reportages qu’il en fait. Le choix de vouloir me montrer à ses lecteurs me rend fière et me rassure pour un avenir que je sens prometteur.

     Je retrouve enfin mon binôme, car sans lui, je n’étais qu’une nature morte. Ceci dit, sans moi, Mon Seigneur en serait à randonner...à pied! 

 

 

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09 mai 2020

En hommage à Bernard.

À la mémoire de Bernard qui nous a quitté ce dimanche 12 février 2017.

 

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                                  Grand baroudeur devant l'Eternel, randonneur émérite, cyclotouriste confirmé sur routes, comme sur les chemins muletiers, hiver comme été, il allait par monts et par vaux, porté par la passion du sport cycliste et conjointement, par celle de la découverte d'une nature authentique, de celle encore vierge de l'outrage des hommes. Il était un amoureux des grands espaces et plus particulièrement des paysages de montagne.

           De la montagne, il en a gravi les plus grands cols d'Europe et parfois dans des conditions particulières!      

 

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Bernard et Jean-Claude dans l'ascension du Galibier. Photo de Hubert. 

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 Bernard et Jean-Claude.... au sommet du Galibier !

Photo de Hubert.  

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 Près de Boulc dans la Drôme. Photo de Hubert.

Bernard tente de faire passer son vélo que lui tend Patrick. Ils vont emprunter un tunnel....en construction afin de pouvoir poursuivre leur itinéraire. Un très important éboulement ayant détruit l'axe routier, ce passage, en plein travaux, leur évitera d'avoir à rebousser chemin. Je ne faisais pas partie de l'équipe et fort heureusement pour moi, car je n'aurais sans doute pas osé......

 

        Passionné par la photo, il savait prendre le temps, descendre de sa randonneuse et s'attarder pour immortaliser les fleurs, les animaux, les sites pittoresques, puis repartir à grandes pédalées pour rejoindre le groupe et sa place dans le rang. Généreux dans l'effort, il se donnait à fond pour vivre, jusqu'à l'extase, ces plaisirs que seuls les initiés savent en comprendre la démarche et en partager la compréhension.

                                      Fin 1970, début des années 80, fut le début de mon arrivée dans son groupe. Nous  partagions cette passion commune pour le cyclotourisme pratiqué dans un état d'esprit alliant le voyage... au challenge sportif. Où l'ascension d'un col pouvait donner lieu à des passes d'armes, dont certaines restent mémorables.

             C'est en 1985, invité à boucler un Thonon-Trieste au sein d'un comité de six randonneurs que je découvrais Bernard. Un personnage atypique, attachant par ses attitudes et ses attentions pétries de fantaisies.

         Bernard était une Personne drôle en toutes circonstances. Drôle par ses tenues, ses multiples chapeaux, sa corne de brume pendue à sa ceinture dont il usait pour ''trompeter '' son arrivée au sommet des cols, ou pour nous signaler une avarie sur son vélo quand au hasard d'un arrêt il se trouvait distancé . Où simplement pour manifester, à sa manière, une expression de joie, de surprise, de bonheur. L'homme était souriant. Il était habité par de belles qualités humaines, dont celle de bienveillance à l'égard de tous et de chacun. Il était un homme de compagnie agréable, dont l'humour était un remède à la morosité.

              Douze jours à rouler en sa compagnie, à nous disputer le sommet des cols, à partager les moments de convivialité qui marquaient chacune de nos fins d'étapes. À vivre avec les autres membres du groupe nos soirées autour d'une bonne table, m'ont amené à le connaître au delà de ses comportements fantaisistes. 

            Ce Thonon-Trieste, dont il disait en avoir gardé l'un de ses meilleurs souvenirs de tous ses périples au long court, donna lieu à de belles parties de manivelles, chacun d'entre nous ayant voulu lui disputer le maillot symbolique du meilleur grimpeur mis en jeu à l'occasion de ce raid.

          Je le raconte dans un récit qui en retrace les douze journées, à avaler les kilomètres, à en vaincre les difficultés de leur pente. Ce challenge du meilleur grimpeur était à relever dans les étapes de cols. Des cols, sur ce parcours, il y en eut une quarantaine, dont 20 à plus de 2000. 

      Du trophée dont il est question, Bernard en était le favori naturel et il en fut le vainqueur. Cependant, en toute amitié, dans un esprit sportif et de camaraderie, il avait été convenu de lui opposer une farouche  résistance dont il savait, par avance, à devoir faire face. Elle s'organisait en fonction de l'envie et surtout de la forme de celui qui s'engageait à lui disputer la victoire du jour. Bernard aimait ce type d'effort à produire dans la confrontation, dans l'opposition. C'est ainsi que ce 19 juillet 1985, Bernard et moi attaquions le Stevio,  déterminés à en découdre...

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            Bernard,  revenir sur cet épisode de Thonon-Trieste, où que tu sois depuis que tu nous a quitté, nous rapproche par les liens du souvenir. Par la pensée voyage. Aucune barrière ne peut en entraver la route. Elle restera à jamais ce moyen de communication nous permettant de pouvoir continuer à randonner ensemble, si tu le veux bien.

               Il est pourtant loin ce temps où nous roulions au coude à coude sur la route du Stelvio et malgré cela, je te sens à mes côtés. Je t'entends, dans d'autres circonstances, d'autres occasions rencontrés sur ce raid, m'encourager les jours où je traînais la patte. J'entends le son de ta corne de brume que les falaises des Tri-Cimes me renvoyaient en écho. Je t'entends rire du bonheur que nous partagions, je t'entends.....

                                                                            Marcel tauleigne.

 

  

         Bon voyage Bernard     

                                                                 Le texte inséré dans la bulle est de Jean-Claude Fabre.

 

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Les lacets du Stelvio. 

 

                                Ce matin, le vacarme provoqué par le bruit du tonnerre et de l’eau que le ciel déverse sur ma toile, vient de troubler un état d'esprit jusque là très positif. Je rappelle que le bilan que je tire de ces jours passés depuis notre départ est sans tâche. L’entente dans le groupe est des meilleures et aucun pépin de santé ou mécanique notable ne sont venus perturber jusque là

la bonne marche de notre organisation. Les paysages traversés, dont les plus beaux sont fixés sur la pellicule de mon appareil photos, resteront à jamais des cartes postales rangées dans l’album de mes souvenirs.

     Notre cohabitation est une première sur une randonnée aussi longue, et sans que cela soit une surprise, une ambiance de sympathie mutuelle s’est spontanément installée au sein de notre petite communauté. Si Pierrot et moi avons une longue expérience du partage de la route, le voisinage avec Hubert, Gérard, Bernard et Georges est nouveau dans le domaine de ce type de proximité. 

 

 

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                                               De G. à D : Georges. Bernard. Pierrot. Gérard. Marcel. Hubert.                                                                  

     Porté par un projet collectif, mûri par les réflexions exprimé par chacun, l’engagement fait en connaissance de cause est devenu, en toute logique, un objectif communautaire.

      Le groupe ne souffre d’aucune concurrence, si ce n’est celle toute amicale que nous opposons à Bernard pour ce qui concerne le très symbolique maillot à pois du ''meilleur  grimpeur ''. Ce, qui à priori pourrait laisser croire à un sujet à problèmes, s’est rapidement vu transformé en une succession de scènes théâtrales, toujours comiques. En effet, certains prémices d'avant départ  désignaient de fait celui qui allait tenter de mettre Bernard dans le rouge... Le petit déjeuner s'animait alors autour de plaisanteries, d'intimidations qui amusaient la galerie de voisins, campeurs comme nous et qui parfois même, prenaient part à nos joutes oratoires.

    Tout cela respirait bon la farce, même si une fois l’ultime démarrage lancé, la lutte entre les deux belligérants s'engageait sans merci. L'auteur du défi devait, pour ce col à franchir, en voir le sommet le premier, au risque de faire l'objet d'un scénario, dont Bernard savait en peaufiner le texte. Si à quelques occasions, et cela fut le cas pour chacun d'entre nous, l'objectif fixé ne fut pas atteint, les causes de l’échec s'expliquaient sur le ton de l’humour, de l’excuse bidon, jamais sur celui de l’amertume. Jamais, durant ce qui était devenu un jeu, il n’y eut de manifestation sérieuse de mauvaise humeur. Le verbiage à outrance, la mise en boite, les commentaires au ton exalté refaisaient surface le soir au restaurant. Sans modération, ils animaient nos soirées et celles des clients dont certains prennaient part au spectacle. Parfois, la comédie que nous entretenions par des répliques bruyantes, nous accompagnaient sur le chemin du retour à nos toiles. Emportés par notre gouaille, ils nous arrivaient alors de dépasser les règles de la convenance. Ces moments d’égarements et même si nous prenions le soin de nous installer à l’écart de la foule des campeurs, nous attiraient alors des remontrances de ceux pour lesquels la nuit avaient déjà commencée.

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Le grand jour 

 19 Juillet au matin.

De Livigno.... à  Prato Allo Stelvio.

                                

                            Aujourd’hui, c’est l’étape monstre. Celle qui va enregistrer le plus haut cumul de  dénivelé à grimper en une seule journée. Au menu des entrées, la carte nous place en premier plat:

La Passe del Eira:  2208 mètres.

La Passe du Foscagno: 2291 mètres.

Le Stelvio, se situe au rang du dessert, en fin de parcours. Il frôle, lui, les 2800 mètres.

 

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Les notes de Hubert.....Il les prenait en roulant. De même, il faisait des photos sans s'arrêter de peur de se voir distancer et de perdre ainsi ses chances de pouvoir disputer sa place au sommet des cols!

 

               Nous savons tous que cette étape ne sera pas neutre. Face aux annonces faites depuis des semaines en ce qui me concerne, et depuis hier par Bernard, la bagarre aura bien lieu. J’imagine déjà ce que seront les mises en scènes autour de nous. Je sais d’autre part qu’il y a des contestataires à mes prétentions ! Ma méfiance devra donc se porter, non seulement sur Bernard, mais sur l’ensemble de ceux que je considère, aujourd’hui, comme des rivaux potentiels !

       À défaut d’être des amis de longue date, nous nous respectons les uns les autres, cela va de soi, mais je ne les crois pas disposés à m’offrir le gâteau et la cerise sans m’avoir mis en situation de les mériter! Je connais leurs ruses redoutables pour avoir été l’un des leurs dans des stratégies d’attaques contre Bernard lors des jours précédents. Attaques qui le visaient afin de lui montrer notre détermination à vouloir le contrer. Leurs malices mises de concert peuvent entraver ma route. Je les sais coquins, farceurs, éléments de nature à mettre de l’ambiance, mais également dangereux pour l’objectif que je vise aujourd'hui.

     Pour paraphraser Philippe II, Le Hardi, lors de la bataille de Poitiers, s’adressant à son père Jean le Bon que les Anglais entouraient et menaçaient de toute part, je vais devoir me garder à droite et me parer des attaques pouvant survenir de ma gauche. Je pressens des machinations possibles dont je pourrais bien être la cible.......Je pressens....

     Le départ se fait à douce allure, la prudence est de mise. Le Passo del Eira se profile à l’horizon. Il  est à 2208 mètres, de quoi nous amener à être raisonnable. D’autant plus qu’il sera, après la descente, suivi du Passo di Foscagno à 2291mètres. La route est longue mais les pourcentages ne sont pas méchants. Je ne vais pas recommencer la description des paysages que nous traversons. Sachez seulement qu'ils sont beaux. Nous sommes dans la haute montagne. Depuis trois jours, leurs sommets neigeux nous accompagnent dans toutes nos ascensions.

 

 Une aubépine de haute montagne

Rencontre insolite, une aubépine  en fleurs à plus de 2000 mètres d'altitude !

 

              Dans cette ambiance, je  suis dans un monde dont je connais les codes. Je m'y sens à l'aise. Ce monde me plait, je ne le vois pas hostile à mon égard. J'y respire mieux que toute part ailleurs. J'y baigne dans un bonheur total. Moi le bavard, le turbulent, je m’isole soit à l’avant ou décroché du groupe pour vivre ce moment en égoïste, pour me l’approprier, pour le fixer à tout jamais dans cette mémoire qui me permet, encore, des décennies plus tard, de vous en restituer le vécu. Mémoire aujourd’hui secondée grâce à l’aide des notes prises sur le vif et à celles empruntées pour la circonstance au livret rouge d’Hubert.

           Par des montées, des descentes interminables, des toboggans à l’échelle sur-dimensionnée, la route nous conduit à l'approche d’immenses montagnes qui en bouchent l’horizon. C’est un peu avant le sommet de Foscagno qu’une crevaison arrête la caravane. Gérard, monté sur des pneus fins, se retrouve à rouler sur la jante. Il est, avec Georges, le plus calme de notre tribu. Tous deux sont présents, participatifs, mais ils restent dans le registre de la discrétion, contrairement à d’autres....., dont je fais partie ! Ceci dit, je les sais complices d’Hubert, et quand il s’agit de mettre le feu aux poudres, ils ne sont pas les derniers pour enfoncer le clou. Je vais m’en méfier dans le Stelvio, où pour faire diversion, ils peuvent avoir l’idée de s’échapper et je les sais capables d’aller au bout.

              Le bas du col nous offre une aire de pique-nique dont nous profitons pour nous restaurer avant d’aborder le dernier obstacle. Notre Himalaya du jour, de la semaine et bien au-delà encore. Il sera le chapeau de notre raid. Nous y signerons, en le gravissant, non seulement la plus longue ascension, mais également la plus haute en altitude. 

            Des tables, des bancs offrent un véritable luxe pour les nomades que, sans doute, nous représentons aux yeux de nos voisins. En effet, les touristes italiens sont tirés à quatre épingles. Les transalpins, même sur l’herbe se veulent élégants. J’en ai vu en cravate, manger sur des nappes brodées, serviettes assorties et vaisselle en porcelaine. Certains poussaient le raffinement à boire dans des verres à pied, qui posés sur un sol instable, donnaient une image prêtant à rire !

     Je revois la tête que faisaient les enfants, propres comme des sous neufs, nous regardant piocher notre nourriture avec les doigts et moi, boire dans mon car en aluminium culotté par des reliquats de café et de boissons de toutes sortes. Qu’ont dû penser ces gens à me voir, ainsi, me comporter, me servant d'un matériel tiré des stocks provenant sans doute de la guerre d’Indochine ? À tout vous dire, cela m’importait peu, ma fierté était ailleurs. Elle vivait les moments d’un luxe que je m’offrais et dont leur esprit, était, sans doute, à mille lieux d’imaginer.

      Pour nos repas champêtres les achats se faisaient généralement la veille au soir au village étape. Parfois même dans le petit commerce du camping. Selon les exigences des becs fins du groupe, il nous fallait trouver une épicerie achalandée en produits originaux. Je me souviens d’une envie de l’un des camarades qui avait, un jour, voulu manger à tout prix du saumon fumé dans son sandwich ! Après tout... pourquoi pas!

       D’un havre de verdure, d’un air rafraîchi par l’eau du ruisselet qui bordait l’aménagement de notre coin dînatoire, sans transition, une atmosphère de fournaise nous saisit dès notre bicyclette enfourchée. L’air du fond de vallée, qui nous conduit d’abord vers Valdidentro est pesant, lourd. La montagne se dresse face à nous dans une attitude insolente, dans une posture semblant vouloir nous mettre au défi d’en accrocher sa pente. Contrairement à La Maloja qui laissait voir, bien dessinée devant nous la route qu’elle nous proposait, cette montagne là ne laisse rien imaginer d’un tracé permettant de la gravir.                                                                     

      À l’approche de Bormio, la situation s’éclairci. Une cime se devine, se distingue. Son profil rendu familier par la documentation qui nous a servi à la préparation de ce raid, ne prête à présent plus à la confusion. Le morceau du roi, celui qu’il va falloir chercher en son sommet est là, devant nous.

      Si cela peut s’évaluer en dépense physique, le Stelvio, abordé après deux ascensions majeures dans la journée, représente, en terme d’effort, bien plus qu’un Ventoux à lui seul compte tenu de son altitude. Au dessus de 2000 mètres la carburation est plus difficile et là, l’escalade frôle les 2800mètres. De son pied à la ligne de bascule, il y a une vingtaine de kilomètres pour 1532 mètres d’une dénivelée à près de huit pour cent de moyenne. Je rappelle que nous sommes en cyclo-camping et que je grimpe avec un vélo frôlant les ....30 Kilogrammes !

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                               Il fait chaud, très chaud. Le ciel est sans un nuage. Il arbore ce bleu qui est particulier aux Alpes en période de chaleur exceptionnelle. Il n’est pas celui de Cyan, n’y celui de Prusse bien trop foncé. Il est un mélange des deux. Il est superbe. Il est d’un azur que le peintre amateur que je suis ne peut en reproduire la valeur, et qui de toute façon, n’oserait pas la poser sur une toile, tellement sa couleur parait surréaliste. La luminosité est éblouissante même à travers mes lunettes aux verres, pourtant fortement teintés.

     Les premiers kilomètres se font en groupe. Des œillades de la part de Pierrot, de Hubert, de Gérard et de Georges fusent en ma direction, à l’exception de Bernard, qui depuis le début de la pente reste dans ma roue. Ils se relaient et me tournent autour comme des papillons pour me provoquer, pour m’obliger à prendre ‘’mes responsabilités’’. Sans avoir besoin de les entendre le verbaliser, je sais ce qu’ils n’osent pas me dire. Effectivement, je suis au pied du mur et c’est à moi d’abattre les cartes, mes cartes. Je crois comprendre à présent qu’ils souhaitent rester entre eux. Même sans parole leur message est clair, ils veulent monter à un rythme qu’ils veulent choisir. Ils ne viendront donc pas me mettre, nous mettre, des battons dans les roues. Ils ont décidé que cet engagement n’est pas le leur et nous laissent le loisir de nous expliquer en toute liberté. Conformément à ce qu’avaient laissé supposer les quatre lascars, et sans avoir eu besoin de me retourner, rapidement je sus que nous n’étions plus que deux.

       Je me dois de rappeler, pour écarter tout malentendu entre nous, vous qui me lisez, la description que je fais de nos traquenards par manivelles interposées, nos confrontations depuis le départ, ne relèvent d’aucune animosité. Le dessin que j'en fais, reflète un état d’esprit qui se veut bon enfant, espiègle et pétillant, au sens sportif du terme. Il s’est trouvé que Bernard et moi aimons cette conduite qui admet la dualité. Entraîné à l’effort, ayant lui et moi une bonne expérience de la montagne, nous savions à quoi nous engageait ce type de défi. Ce que nous avions, sans doute en plus que nos camarades, c'est ce brin de folie qui n’est autre que le trait de nos tempéraments respectifs !

    Le train n’est pas rapide, au ''pifomètre''sans doute moins de dix kilomètres par heure. Je ne m’emploie pas à fond. J’évalue ma dépense à ‘’ 80% cuisses ’’. À ce rythme, elles ne me brûlent pas, je n'y ai pas mal. Bizarre me direz-vous comme indice de référence, mais il est le mien !. D'ailleurs, depuis le temps, il a fait ses preuve. Il me donne des indications sur la marge restante de puissance à mettre en oeuvre, le cas échéant!

      Bernard remonte par moments à ma hauteur. Il vient me rendre visite, prendre ''le pouls'' de mon état de forme. Un petit ‘’comment ça va’’, un sourire puis il disparaît à nouveau pour se laisser glisser à l’arrière et venir se caler dans ma roue.

      Bernard, c’est le charmant et le charmeur du groupe. Toujours de bonne humeur, le mot gentil, le comportement généreux. Sans que l’on ait eu, par le passé, l'occasion de se tester dans ce type de ‘’couillonnade’’ au long court, spontanément, une complicité s’est mise en place pour le meilleur du sport et pour le rire.

        À l’avant, les visites de Bernard commencent à se raréfier. Un soleil brûlant fond le maigre revêtement goudronneux de la route qui se soulève en une quantité de petites de bulles. Je le devine à la peine, d’autant que les premiers kilomètres parcourus m’ont, quant à moi, pleinement rassuré sur un état de forme satisfaisant. Depuis quelques centaines de mètres, j’ai pu descendre deux dents sur ma roue libre, deux dents de moins, soit 28x24. Je suis dans ‘’mon affaire’’, tout baigne. J’enroule le braquet tout en ménageant la monture !

         C’est parti pour quelques milliers de tours de roues. Je me suis entouré d’un Univers que je sais mettre en place. D'un environnement que je me crée et qui m’accompagne, qui me guide, qui me rassure. Je veux me croire suivi des yeux par des personnes que j'aime et à qui je veux faire découvrir ces paysages extraordinaires.  Je suis là, bien présent et... ailleurs à la fois. Je me contrôle. Je me programme dans l’effort à fournir pour moi, mais pas seulement. Je veux faire honneur à mon épouse et à mes enfants qui je le sais, m'accompagnent. Je les associe à mon bonheur. Je sais pouvoir les appeler à mon secours si je sentais les forces les m'abandonner.

       À partir de cette mise en place, tout change. Bernard n’est pas, n’est plus un adversaire à battre. Il devient ce compagnon de route que j’espère, toutefois, pouvoir sacrifier sur l’autel d’un engagement dont les raisons m’appartiennent. Il me devient proche dans la compréhension d'émotions que nous sommes seuls à partager. Lui dans son voyage et moi dans le mien.

     La fraîcheur rencontrée sous l’un des longs tunnels que nous venons de traverser, redonne de l’énergie à Bernard qui d’un coup de reins me passe pour s’en aller à une cadence que je ne peux pas suivre. Je suis surpris du braquet qu’il tire. Moi, je suis un grimpeur au train, les accélérations violentes, très peu pour moi. Bernard, le coquin, avait eu l’occasion de le repérer lors d'étapes précédentes où il me grattait à quelques centaines de mètres du sommet sur ses changements de rythme qui me laissaient sur place.

     Une centaine de mètres nous séparent. Je suis largué. Il est devant. La route monte en ligne droite. La pente est de plus en plus raide. revenu à l'air libre, des bâtiments s’étalent au loin, mais, rassuré, ils ne me paraissent pas être assez hauts pour indiquer le sommet. Je sais donc encore avoir la chance de remonter à sa hauteur d'ici l'arrivée. Mon impression ne met pas longtemps à se confirmer, la Passe, n'est pas là, mais à quelques kilomètres au dessus. Bernard s'est laissé avoir par une vue d'optique trompeuse. Il a cru pouvoir me le faire au sprint !

       Il s’agit en fait du village de Braulio et non de la station construite au pied de la trouée qui couronne le passage permettant de basculer vers Prato-Allo-Stelvio.

        Dés les dernières maisons passées, les lacets hissent la route vers la cime en déroulant des méandres à perte de vue. Un monde minéral sur lequel l’eau saute de cascade en cascade éclabousse les rochers, faisant fleurir par endroits de minuscules arc-en-ciel. Je suis au Paradis dans cette ambiance. J'y retrouve les couleurs de l'espoir car je viens de rattraper Bernard. Trahi par le mirage lui ayant laissé croire un terme à ses efforts, il présente la mine des mauvais jours. Un rictus que j’ai déjà eu l’occasion d’observer, n’annonce rien de bon pour lui. Le comment ça va que je lui adresse n’obtient pour toute réponse qu’une longue expiration. Mélange d’expression, de lassitude et de déception pour s’être laissé duper par ce qu’il avait cru être le sommet. Le trône de son couronnement.

 

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Avant que ne soit déclenchées les ''hostilités: Dans le Stelvio: 90 kilos au total à monter au sommet! Sur la photo, votre narrateur

Photo de Bernard.

 

                Je suis seul. Bernard a perdu pied. La chaleur une fois de plus a eu raison de lui et les efforts consentis inutilement au cours de cette longue accélération, ont sans doute achevé de le démotiver. Je pédale vers mon sacre, mais pas pleinement heureux. Même si je me suis assuré qu’il allait bien, même si je ne le sais pas isolé, le reste du groupe est derrière nous, j’ai le regret de ne pas avoir su être charitable, magnanime.

        En levant la tête, c’est évident, la tranchée que j’aperçois et qui pourfend la montagne ne peut être que le col. Perdu dans mes pensées et absorbé par l’effort, j’ai raté le contrôle de l’Umbrail-Pass. Il s’agit d’un point de vue, qui effectivement figure sur le carnet de route. Ceci dit, je ne serai pas le seul, Bernard et Pierrot l’on également escamoté. Pour rendre justice à ce dernier, il parait qu’il est redescendu pour ne pas être contrevenant au règlement du Sieur Rossini, l'initiateur de ce raid et à qui nous devons rendre compte pour la validation du périple.                       

      Je devine le dernier virage qui va terminer mon ascension. Je ralentis mon allure. Je peux distinguer les skieurs qui descendent sur une langue glacière jusqu’à la route, la même sur laquelle je vais arriver. Je roule au pas, l’esprit habité par une foule de pensées.

 

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Dans le Stelvio: Le sommet n'est pas loin!

 

          Subitement l’une d'elle m’attriste. Je viens de réaliser que je suis seul au milieu de ces gens qui ne me sont rien. Mes collègues ne sont pas là, peut être loin, derrière. Bernard n’arrive toujours pas.

          Encore aujourd’hui, je ne peux toujours pas dire ce qui a motivé mon attitude, mais la vérité reste la même. Je n’ai pas, seul, pu aller au bout. Oui, avec la volonté délibérée de tourner le dos à la ligne sommitale, je me suis arrêté. J'ai mis pied à terre à quelques dizaines de mètres du trait blanc  qui marque le passage au sommet. Oui, je pleurais. À la fois de bonheur pour en avoir fini comme j’en avais rêvé et de tristesse sans pouvoir m’en avouer la raison. Le temps s’écoulait. Dans un second, je scrutais la route en direction du dernier du virage, espérant à tout instant voir déboucher le maillot  rouge de Bernard.

          Je suis fortement ému en lui voyant le visage marqué par la fatigue. Dans un effort que je devine, il me montre un sourire. Manifestation rassurante que je remarque de loin et qui, le connaissant bon joueur, m’acquitte sur le champ, généreusement, sportivement de tout reproche. Quelques mètres avant qu’il me rejoigne, je suis monté sur ma randonneuse pour que nous puissions rouler de front. Spontanément, sans calcul, nos mains se sont alors rassemblées. C'est les bras levés, comme à la parade, que nous avons, ensemble, franchi la ligne. Ce qui venait de se passer m'autorisait à regagner le droit d'être pleinement heureux.

                                                                                          

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Bernard, tout en rouge....enfin.

 

       



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14 avril 2020

(c) Patrick Edlinger.

           

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Quand l’escalade s’apparente à un art.

Rediffusion.

 

                                                       Patrick Edlinger est né le 15 juin 1960. Il grimpait depuis l’âge de huit ans où avec son père, passionné de montagne, il taquinait le rocher avec un talent déjà prometteur. À dix sept ans, il quitte l’école et c’est sac au dos qu’il s’en va de chez ses parents pour se consacrer entièrement à l’escalade. En rupture, non pas avec sa famille qui le soutient, mais avec un monde dans lequel il dit ne pas être en communion, il part alors dans une aventure qu’il veut faire sienne.

 

Regard

 

         _Je voulais rompre avec une société trop injuste à mes yeux. À partir de ce choix, j’ai eu la chance de jouir d’une liberté totale, dans un cadre construit sur les bases de mon idéal. Je passais mon temps à grimper sans rechercher la difficulté, seulement pour me dépenser et faire des voies dans le meilleur des styles possibles.  Cependant, car souvent seul, j’ai été contraint à faire des voies en solo intégral. École de la maîtrise de soi, où la limite de son engagement face à la difficulté ne doit pas dépasser les frontières de sa peur au regard du risque.    

              

Exercice en arête

 

                            En vérité, c’est là qu’était ma quête. Au fil de mes expériences, je me suis découvert le besoin d’affronter ainsi les limites. Mes limites. Celui qui ne connaît pas ce sentiment ignore les signaux qui lui permettent d’identifier le danger. La peur est une nécessité absolue. C’est elle qui éveille en nous le seuil au-delà duquel le contrôle sur soi échappe à notre éveil. Le risque que l’on encours alors, est de perdre la maîtrise prudente et sensée de son comportement.

Fin de citation



En solo



                          La répétition de ses mouvements avait pour objectif d'en approcher la perfection. Le geste se voulait pur. Son acquisition devait être accomplie sans hésitation et avec sang-froid. Ses exercices d'assouplissements allant jusqu'au grand écart facial, lui octroyaient des possibilités en falaises que peu, voire aucun de ses concurrents ne possédaient avec autant d’efficacité et de grâce que lui. Travailleur infatigable, son plaisir n'avait de goût qu'au terme du sans faute dans la conduite de ses enchaînements, dont la gestuelle se devait d'être parfaitement fluide.

 

 Séance d'étirements

 

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L'escalade qui se pratique en haute montagne.



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                              Certes, Patrick Edlinger n’a pas inventé l’escalade. Bien avant lui, des hommes ont eu envie de se confronter à la montagne, aux falaises, à leur verticalité, à tous les défis qu’elles posent à quiconque veut les dominer par sa seule force musculaire et mentale.  

 

         Pour schématiser, l’on peut dire qu’avant lui et dans ce type de challenge, l’homme ne cherchait pas à s’appliquer face aux obstacles. Son but avant toute autre considération était de pouvoir les surmonter.

 

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                         Patrick Edlinger fut le premier à vouloir donner une autre vision de l’exploit en y ajoutant une dimension esthétique. Il avait l’art de savoir jouer avec les difficultés en donnant l'impression de pouvoir les effacer sous ses doigts, alors que ses jambes orchestraient les pas d'une chorégraphie surréaliste.  Il se servait des écueils naturels de la paroi comme éléments, comme matériel pour en faire les alliés de sa progression. Patrick Edlinger dansait sur la paroi, sa facon de grimper devenait alors un fabuleux spectacle.

 

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Exercices d'assouplissement de Patrick Edlinger avant l'attaque d'une voie  d'escalade

 

Exercice de traversée

 

                         Rompu à un entraînement de sportif de haut niveau, doué d’un parfait contrôle de ses perceptions, sa précision dans la lecture du rocher ont fait de lui le grimpeur d’exception qu’il fut, et restera sans doute pour toujours.   

        Pour l’anecdote et l'originalité de la démarche, je veux évoquer un exemple de sa pugnacité à vouloir obtenir le meilleur, non par comparaison à un autre, mais pour lui-même. Surpris par une posture que réalisait l’un de ses amis, lequel grâce à l’un de ses seuls doigts majeurs arrivait à tirer son corps vers le haut pour atteindre une prise, Patrick s'entraîna comme un forcené pour enfin arriver à faire des tractions de son corps, seulement suspendu par l’un de ses auriculaires !

         La pureté de sa gestuelle et une efficacité, qui chez lui paraissait naturelle, lui ont permis d’élever sa pratique de l’escalade au plus haut niveau mondial. Il en a par son originalité, tant de sa personne que de celle de son style, radicalement révolutionné l’exercice, qui dès lors et de fait, se détacha de celui de la montagne.

 

    

 patrick-Edlinger-ceuse

 

           Au tout début des années 1980, Jean-Paul Janssen, cameraman de renom, producteur de documents spécialisés, entend parler d'un grimpeur au style spectaculaire. Également dans sa façon d'être. Janssen s'invite alors, caméra au poing, sur l'un des sites où s'entaîne Edlinger. Il est médusé de voir ce garçon jouer avec les obstacles sur une paroi verticale, alors qu'il est sans assurance, sans corde de vie à plusieurs dizaines de mètres du sol. Redescendu, Edlinger est invité à visionner les quelques prises discrètement filmées par son observateur qui lui demande s'il pourrait ''refaire''ça dans une situation de tournage convenu !

   _Oui, je le peux, et autant de fois que tu le jugeras nécessaire. À la condition toutefois, que nous soyons d'accord sur ce que je veux que tu montres de l'escalade. D'autre part, je veux être partie prenante du choix des canaux qui diffuseront le document.

     Suite à cette rencontre, une riche collaboration va naître entre ces deux sujets hors du commun. En effet, jusqu'au décès de Janssen, une amitié indéfectible unira les deux hommes.

     La médiatisation générée par la diffusion de ce premier document montrant l'escalde de Patrick Edlinger filmée par Janssen suscite le fulgurant départ d'une pratique nouvelle dans le domaine du sport en falaises, en blocs, et plus largement dans celui d'aborder la haute montagne. Dés lors, l'équipement sécurisé des sites va en  favoriser l'apprentissage des primo-débutants. La jeunesse découvre cette pratique de plein air et va en devenir rapidement adepte.

       Chacun, à partir du modèle que représente Patrick Edlinger et en fonction de leurs aptitudes propres, jeunes et moins jeunes se mettent à travailler l'aspect technique de l'activité. Rapidement, cette pratique amène des milliers d'adhérents au sein des clubs d'escalades, des clubs alpins, conduit à la formation de moniteurs professionnels, à la fabrique du matériel spécifique à la grimpe, aux tenues vestimentaires appropriées etc....

        Cette nouvelle pratique, plus facile d'accès que la haute montagne par la proximité des nombreux reliefs répartis sur le territoire, va populariser une discipline sportive jusqu'alors réservée à l'élite. Garçons et filles, pratiquement sur un même pied d'égalité au niveau des performances se mirent à rivaliser dans des progressions surprenantes.

 

 En ligne droite

 

                         Une mode venait de naître attirant vers le rocher une jeunesse en proie à des sensations qu’elle  découvrait au fil des aprentissages permettant d'accéder à l'aspect technique de l'activité. Cette nouvelle pratique, plus facile d’accès par la proximité des nombreux reliefs répartis sur le territoire et techniquement différente de celle adoptée en haute montagne, popularisa une forme de sport réservé jusqu’alors à une élite.

 

 Dans les Dentelles de Montmirail

 

                       J’ai pu, à cette époque percevoir cet engouement sur les dentelles de Montmirail, sur les falaise d’Orgon et de Cavaillon pour ne citer que les endroits les plus facilement abordables au départ d’Avignon. Une flopée de tenues multicolores s’agitaient alors sur les voies dès les beaux jours arrivés. A la musicalité curieuse des mousquetons qui se clippaient sur les plaquettes, spits et autres pitons d’assurance, l’on pouvait suivre la progression du grimpeur de la voie parallèle à la sienne. Voir même se conseiller et s’encourager mutuellement.

 

Dans les Dentelles de Montmirail



                           Garçons et filles, disciples d’Edlinger s’appliquaient dans un esprit à la fois réfléchi et convivial à imiter certains mouvements du maître. Parents et enfants faisaient cordées ensemble. Ce fut le cas pour mon fils et moi où dans ce cadre nous nous sommes découverts dans un tout autre rapport à l’autre. Dans une relation de vigilance, d’attention particulière pour un exercice qui se doit d’être appliqué avec le plus grand sérieux. La confiance, qui reste l’un des mots clés se pratique là à tous les instants et dans une dimension évidente et palpable. L’escalade contient en elle toute une panoplie d’émotions liées au fait de se savoir à la fois dépendant et partenaire de son équipier, complice et associé à la verticalité de ce terrain de jeu que représente la paroi.

 

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                L’esprit habité d’une philosophie  distincte des grimpeurs de sa génération, il fut la victime de multiples rivalités. Compétiteur à part des autres, Patrick Edlinger figure toutefois au palmarès de plusieurs rencontres internationales.

              Par son caractère, sa façon de voir et de pratiquer l’escalade, il se trouva marginalisé par des adversaires trop flamboyants à ses yeux.  Certains de ses rivaux devinrent alors de sévères détracteurs.

 

En réflexion

 

              Homme discret, réalisant ses prouesses sans avoir nécessairement besoin du flonflon des fanfares, il trouva sur son chemin des personnes attaquant ses méthodes et allant jusqu'à railler sur ses prétendues performances

 

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En bleu:  Berhault à l'assurance

 

                     Dans les années 1980, en solitaire ou avec Patrick Berhault, il réalisa des ouvertures, des premières en cotations 8 et au delà  qui lui furent contestées par ses pairs. Blessé par ce qu’il vivait comme étant de la calomnie, il participa alors à plusieurs rencontres réunissant les pratiquants du plus haut niveau mondial ayant adhéré à ce type de confrontation. Je note là que parmi les grands champions du moment, certains rentrèrent dans une dissidence de principe.

              C’est à Bardonecchia en Italie puis à Snowbirs aux Etats-Unis, que Patrick Edlinger rétablit les vérités qui avaient été mises en doute, par ‘’le gang des parisiens’’ en particulier, en remportant la compétition devant ces mêmes contradicteurs.

            Aux dires des commentateurs spécialistes sur place, Edlinger, enrichi que l’orgueil d’un homme blessé dans son amour propre peut transfigurer, fit une démonstration d’une escalade dont lui seul su en dénouer les pièges avec efficacité et une classe dont il ne se démentit pas.

 

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                Suite à son accident en 1995, Patrick Edlinger ne faisait plus de compétition. Il grimpait pour lui, pour l’amour du vide et sans doute aussi par besoin de se prouver qu’il continuait à exister.

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Jean-Paul Janssen

 

                                 Auparavant il fut fortement et doublement éprouvé par la mort de son ami Jean-Paul Janssen puis par celle de Patrick Berhault. Homme à la fois fort et sensible, il disait ne s’être jamais vraiment retrouvé suite à ces deuils.

 

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Patrick Berhaut

 

                                     Selon l’écrivain Jean Michel Asselin, Edlinger souffrait depuis d’un mal intérieur. Il s’était confié à l’auteur qui travaille sur une biographie du grimpeur

 

Exercice en bloc

 

                            _Tu sais, je suis seul à pouvoir trouver une solution. C’est le plus dur des combats que j’ai jamais mené. Je suis comme dans un solo impossible, mais je vais m’en sortir. Le sort en a décidé autrement.

 

         Aujourd’hui, l’artiste s’en est allé laissant derrière lui une foule d’images, de souvenirs et de sentiments mêlés.

         Les images sont nombreuses. Je veux retenir de lui sa grimpe fluide et déliée. Il était sur la paroi tel un danseur avec sa partenaire s’appliquant à réaliser sa plus belle figure. Celui, qui effleurant avec délicatesse le rocher allait saisir sa prise dans un geste précis et léger. Il progressait alors dans une chorégraphie digne des meilleurs ballets modernes.

        Catherine Destivelle, grande parmi les grandes du milieu de la grimpe et de la montagne vient de dire de Patrick Edlinger :

_ Pas un grimpeur n’a égalé sa façon de faire. Sa gestuelle était magnifique. Il était comme un lézard sur la roche.

 

 ____________________________________________

 

                        Bien que ne l’ayant jamais rencontré, sa conception de la liberté, comme celle d’aborder les espaces et la nature allaient dans un sens qui me plaisait.

       Les génies, et il en était un exemple incarné, ne peuvent pas être par définition des personnes ordinaires. D’après ce que j’ai pu apprendre de lui, en glanant des informations sur différents médias, il était en effet un homme singulier. Étonnamment singulier et unique. Par son talent et celui de sa personnalité, dont, semblet'il, personne n'a pu en lire les traits de ses particularités.

      Outre ses performances et son style, j’aimais son côté marginal et l’originalité de son look.

 

En action

 

                 Je vous salue Patrick Edlinger. Comme il se doit d’un homme qui fut un modèle dans le domaine de l’élégance et de la simplicité.

           Soyez assuré de la reconnaissance des milliers et des milliers d’humbles grimpeurs à qui vous avez donné l’envie et la possibilité d'aller, à leur niveau, côtoyer la demeure des Anges.

 

 Edlinger

 

               En hommage pour tout ce que vous avez apporté à la jeunesse d’une époque et aux moins jeunes comme moi, nous qui n'avons jamais douté de votre éthique, ni de vos performances, nos affectueuses pensées vous accompagnent.............

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-Récit rédigé à partir de l’expression de sentiments personnels.

 

      -D’informations glanées sur le net, de l’écoute d’un interview de Jean Michel Asselin et de la lecture de ‘’ Grimper’’ de Alain Ferrand, de Jean François Lemoine et de Patrick Edlinger, aux Editions Arthaud

    

Les photos sont tirées du net et du livre ’’Grimper’’

Certaines de ces photos sont de Gérard Kosycki.

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25 mars 2020

Liberté,

 

 

 

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Pour rappel: cette statue est l'oeuvre d'un Français. 

 

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Liberté,

 

Comment vous parler d’elle, en définir le mot.

Comment la préciser, sans en perdre le sens.

À t’elle une couleur, un pays, un drapeau?

Peut on se passer d’elle? Vivre en son absence?

 

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Pouvoir se définir comme un citoyen libre,

D’opinions, de pensées, d’actes et de professions,

Aller où bon nous semble, et de tout, pouvoir rire,

Telle est la Liberté dans ses définitions.

  

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Liberté obtenue par des siècles de luttes.

Combien d’hommes sont morts pour sa résolution.

Aussi faut il agir pour point qu’elle ne chute.

Et toujours la défendre contre les redditions.

  

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Tout au long de ces siècles où se battaient les hommes

Pour vouloir en gagner ce droit fondamental,

D’autres individus, prisonniers de leur dogme

Voudraient nous la détruire au nom de nouveaux graals.

  

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Liberté est un mot que l’on se doit chérir.

Il est chemin d’amour, de joie, de connaissance.

Il est porteur d’espoir, à qui peut s’en quérir

Alors, à l’infini, louons son importance. 

 

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Amis, expliquons la, à tous et en grand nombre

Que vouloir être libre répond à ce statut.

Et que nul n’a le droit au nom d’intérêts sombres

D’en abattre le socle pour le mettre au rebut. 

 

téléchargement

  

Je parlais Liberté pour que chacun comprenne

Combien elle est précieuse, belle et à protéger.

Pour que chacun, chacune, se l’approprie, la prenne,

En écrive les notes, pour en coeur,  la chanter.

    

MarcelTauleigne.




 

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24 mars 2020

(c) Le Mont-Ventoux: Un peu de son histoire.

 

 

 

Le Ventoux raquettes aux pieds

Prétexte à un peu d'histoire 

 

    

 

Mont_Ventoux_par_Hackert_fin_XVIIIe

 

 

Le Mont-Ventoux.

 

 

                                Au-delà de ce qu’il véhicule comme légendes dans le domaine du cyclisme, du sport en général et de quelques exploits hors du commun, il est également connu pour avoir peuplé, des siècles durant, l’imaginaire des habitants des villages voisins, celui des écrivains de romans, alors que d’autres en retracent le récit de leur première ascension.

       Le Mont-Ventoux devient à la portée de la connaissance des hommes sachant lire….le latin… grâce à Pétrarque, qui le 26 avril 1336 en fait une première escalade décrite dans un courrier adressé au moine Augustin François Denis, de Carpentras.

      Si son ascension n’est pas mise en doute, la date parait trop avancée pour avoir pu en atteindre l’objectif final. Il est en effet probable que pour cette époque, sa cime était encore trop fortement enneigée, le Mont-Ventoux restant, en ces siècles, encore habité par des neiges éternelles.

       Une confusion dans la correspondance des dates en serait l’explication. Sous Pétrarque, il s’agissait du calendrier Julien, alors que le traducteur, quelques siècles plus tard, s’est servi de l’almanach Grégorien !

       De même que la première trace écrite de l’ascension par pétrarque ne signifie en rien qu’elle fut la première commise par l’homme. En effet, son sommet révélera plus tard de la présence humaine bien avant cette date de 1336.

         Dans sa lettre au moine, Pétrarque parle notamment d’un berger qu’il rencontra au milieu de la montagne et qui lui dit avoir été interrogé quelques saisons d’été avant ce jour, par un homme cherchant un chemin qui le conduirait au sommet. Il s’agissait peut être du philosophe français Jean Buridan !

        Le même berger atteste à Pétrarque avoir entendu, dans le cadre de la transmission orale, que ses aïeux, déjà, parlaient de rencontres avec des étrangers.

_ Munis de grands bâtons, sans chien ni bétail, semblant venir de nulle part, tous portaient des vêtements étranges. Ils en cherchaient le sommet dont les anciens disaient que personne ne peut en revenir !

                                 

Mont-Ventoux

Fin du XIX siècle: Terrasse de l'ancien observatoire en hiver.

 

         Bien plus étonnant encore. En 1882, des travaux destinés à l’aménagement de la première plate forme devant recevoir en son sommet le premier observatoire, ont permis de mettre au jour des poteries remontant….. à l‘antiquité. Une reconstitution réalisée à partir des fragments, a légitimé l’identification de trompettes faites avec de l’argile. Munies de deux anses, elles pouvaient se porter en bandoulière grâce à des lanières de cuir. Il s’agirait d’objets fabriqués par une civilisation pastorale. Ces objets attesteraient de la trace d’une occupation humaine temporaire du sommet du Mont-Ventoux…. déjà au tout début de notre ère.

      Ce matériel pouvant émettre des sons très aigus, aurait eu pour vocation de vouloir rivaliser avec les sifflements du Maître des Vents qui balayait violemment le pays une grande partie de l’année. Rites exorcistes sans doute. Ou manifestations bruyantes voulant couvrir le bruit inquiétant d’un souffle mystérieux, dont les hommes pensaient qu’il sortait des cavernes et qu’il était porteur de sortilèges.

       Au sujet de son ascension: Il faudra attendre 1518, soit près de trois siècles après celle du célèbre poète italien, pour que de nouvelles traces consignées apportent la preuve d’une ‘’ élévation ‘’ totale du géant de Provence par Joachim de Saze.

       L’histoire raconte que la peste sévissant dans la région. Il fut alors demandé à cet homme, accompagné de Baudichon Falcon, courrier de la ville, d’aller brûler un cierge dans le cœur de la chapelle sommitale de la Sainte Croix.

         C’est par hasard, qu’en 1936 fut retrouvée par le docteur Pansier, une lettre dans laquelle sont mentionnés en détail les achats opérés pour cette expédition. Cette lettre figure aujourd’hui dans les archives de la ville d’Avignon.

     A partir du XV siècle, les écrits relatant des recherches et démarches en tout genre ayant pour champ d’investigation le Ventoux, se font plus courants et plus précis. Nicolas Fabri de Peiresc en 1632, passionné d’archéologie et de géologie, accompagné du R.P Athanase Kircher, polygraphe, astronome, inventeur de la lanterne magique, en feront une ascension....  pour la science.

     Plus tard, en 1778, le docteur Darluc entreprit d’y faire des études géographiques et botaniques. Dés lors, la réputation de la vaste biodiversité du Mont-Ventoux va attirer beaucoup de chercheurs et de savants venus de toute l’Europe.                               

Jean-Henri_Fabre

 

 

        Jean-Henri Fabre: 1829-1915, homme de science, naturaliste, entomologiste, vivant au lieu-dit l’Armas sur la commune de Sérignan du Comtat, ne cessera à partir des années 1850, d’en fouiller ses pentes à la recherche de sa population d’insectes, d’oiseaux et de vouloir en répertorier ses nombreuses plantes. Certaines s’avèreront être identiques à des espèces rencontrées sur le rivage du Spitzberg, comme le saxifrage à feuilles opposées, parmi d'autres.

                           

Saxifrage à feuilles opposées

Le Saxifrage à feuilles opposées.

 

       Pour ne parler que des espèces les plus surprenantes, il y rencontrera au cours de ses soixante ascensions dénombrées, le petit pavot velu à corolle jaune que l’on trouve exposé coté nord à l’approche de son sommet, et dont l’identique s’aperçoit dans les solitudes glacées du Cap Nord.

          

Petit pavot velu à corolle jaune 

 Pavot velu à corolle jaune.

 

       En 1996, sur le versant nord, aux alentours de Brantes, des ossements d’ours bruns de type caucasien y sont découverts dans une grotte. Ces squelettes remontent à l’époque de Neandertal. Suite à d’autres recherches, d’autres ossements mis au jour ont permis de recenser plus de cinq cents individus, ce qui en fait l’un des gisements les plus importants d’Europe. L’ours brun, dont l’habitat de situait sur le flanc nord du Mont-Ventoux n’a disparu des lieux qu’au tout début du XX siècle.

           Mille plantes, dont quatre cents genres floristiques et plus de cent oiseaux différents, figurent sur le répertoire des observateurs et scientifiques spécialistes du Mont-Ventoux. 

            

 

Aphyllanthes de Montpellier

 

Aphyllantes de Montpellier.

 

         De nos jours, le Mont-Ventoux héberge des espèces giboyeuses du front alpin, et d’autres appartenant à l’espace méditerranéen. Lièvres, perdrix rouges, chamois, biches, cerfs, chevreuils, sangliers y sont débusqués selon des règles et des critères réajustés à chaquune des saisons de chasse.

      Le mouflon, le blaireau, la fouine, le renard sont également présents. Une multitude de rapaces dont le Circaéte Jean-le-Blanc ont réintégré le massif boisé. Le loup y a sans doute retrouvé refuge. Un sujet formellement identifié a été abattu accidentellement sur la commune de Bedoin en 2012 !

                 

Circaéte Jean-le- Blanc

Le Circaéte Jean-le-Blanc.

 

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Le Mont-Ventoux et quelques uns des ses caractères :

 

L’observatoire météo :

                        

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        Une première construction remonte à 1882. Le bâtiment actuel a été édifié en 1966. La hauteur de sa tour est de 42 mètres, laquelle est surmontée d’une flèche de 20 mètres. Ses installations sont affectées à la base militaire de Orange-Caritat.

 

 Le Radôme :

        

Le Radôme

 

 

      Grosse boule de béton implantée en 1995 sur son arête occidentale. Le Radôme est sous la responsabilité de la direction générale de l’aviation civile. Il protège un radar, lequel assure avec une vingtaine d’autres stations décimées sur le territoire français, la sécurité de notre espace aérien.                                               

                           

Ventoux

Chapelle Sainte Croix au sommet du Mont-Ventoux

La chapelle Ste Croix.

 

      Sa première construction date du XV siècle sur décision de l'évêque de Carpentras et neveu du Pape Sixte IV. Détruite pendant les guerres de religion, elle sera reconstruite en 1701 sur ordre de César de Vervins, prêtre Avignonnais.

 

Le Mont-Ventoux et ses exploits sportifs hors du commun :

                                                                       

* Un premier marathon est organisé pas l’union sportive de Carpentras en 1908.

 

                                                                                                                                                                                              

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Les premières courses d'engins à moteur.

 

   * Le 7 août 1921, à l’occasion d’une course automobile, Gustave Daladier pose un petit avion sur un plateau sommairement aménagé au col des Tempêtes.

    * 1962 : Jean Bouteille, 70 ans, professeur à la retraite, fait l’ascension du Ventoux par Malaucène sur un vélo….dépourvu de selle en 1 h et 54 minutes. Les spécialistes apprécieront l’exploit qui réside à tout faire ''en danseuse'' !. Dans la foulée, il le redescendra à pied en 1 h et 19 minutes.

    * Pour faire dans l’originalité, en 1983, André Derve de Valréas le grimpera avec son triporteur pesant….52 kilogrammes !

    Le Ventoux se monte également à rollers, à skis à roulettes, en courant en marche arrière et peut être bientôt sur….les mains…

     * Ne nombreux records de son ascension à vélo sont inscrits dans les registres officiels :

      * Michel Robert, ancien coureur de catégorie Élite, aujourd’hui marchand de cycles à Avignon, le grimpera 9 fois en 22 h par son versant sud, entre le 31 juillet et le 1er août 2005.

      * 2006 : Pascal Roux et Stéphane Rubio, avec 11 ascensions détiennent aujourd'hui encore le plus grand nombre de grimpées en 24 h.

     * 2009 : Isabelle Esclangon  reste titulaire du record féminin avec 8 ascensions successives par Bedoin.

     * Le Mont-Ventoux détient un record de la vitesse du vent :  320 K.H par vent du sud et 313 K.H par temps de mistral. Relevés datant de 1967.

 

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La partie raquettes.

                                                                                                                                                     

 

       **** Pour ce qui me concerne et bien qu’ayant gravi le Mont-Ventoux plus de cent fois à vélo, l’ayant pratiqué en randonnées sac au dos et chaussures de marche ou encore équipé de raquettes ou de skis, je n’y ai pas d’autre quête que celle du plaisir d’en refaire ses chemins, d’en remonter ses combes et, à l’occasion, d’en photographier certaines de ses particularités.

       Je laisse donc le soin aux chercheurs de chercher et aux écrivains de trouver des sujets les amenant à lui découvrir des histoires singulières.

               

Ventoux 21 janvier 2014

 

 

      Cette années 2014, courant janvier et février, de nombreuses chutes de neige ont permis d’en recouvrir ses pentes bien en dessous du Mont-Serein pour sa face nord et quelques centaines de mètres en aval du Chalet Reynard, pour le coté sud.

              

Ventoux 21 janvier 2014

 

 

     Accompagné de Hubert et de Bernard, également compagnons de route pour ce qui est du vélo, ma première randonnée de la saison s’est faite par le sud.

         

Ventoux 21 janvier 2014

                                                  

     Le froid piquait au vif mais le temps était au beau. Le soleil donnait une brillance particulière aux cristaux de neige gelée. Le Mont Pelé, ainsi désigné pour ce qui est de sa calotte sommitale, se présente à nous telle une carte postale, une invitation au partage et à la découverte. Le vent, qui plus de deux cents jours par an en balaie brutalement sa crête, ce jour là s’était fait clément pour nous. Il ne soufflait pas, mais son passage en avait statufié les arbustes et les poteaux de signalisation.

                                

Ventoux 21 janvier 2014

Ventoux 21 janvier 2014

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Nouvelle tour Hertzienne en bois.

 

         La façade des bâtiments du sommet, exposée au nord, était incrustée d’une telle quantité de paillettes givrées qu’elles en cachaient le revêtement d’origine. Le spectacle est surréaliste au point de ressembler au travail de  Christo.   

 

               

Ventoux 21 janvier 2014

Ventoux 21 janvier 2014

                                                                                           

Ventoux 21 janvier 2014

 

     Le départ se fait du chalet Reynard. Nous empruntons sur quelques centaines de mètres le tracé du téléski. Ensuite, Bernard nous entraîne côté droit pour arpenter des terrains sans trace afin de nous faire découvrir le Ventoux dans ce qu’il a de plus sauvage. Celui que les milliers de cyclistes qui viennent y faire leurs armes de grimpeurs, ne verront jamais.

     Dans cette ambiance d’aventurier,  chaussé de mes raquettes, je suis ramené un instant aux lectures de mon adolescence. À cette époque, où privé de tout loisir faisant appel à un déplacement ou à un caractère onéreux faute de moyen, je partais à la conquête du grand nord grâce à Jack London et à Olivier Curwood. Miracle du virtuel, mes chevauchées étaient sans limite et contrairement à aujourd’hui, le souffle ne me manquait pas.

                                                                                                                                                                        

Ventoux 21 janvier 2014

 

     Au moindre dévers, raquettes aux pieds, la marche devient difficile et douloureuse pour les chevilles. Il faut, à chacun de ses pas, soulever haut la jambe afin de se dégager de la trace parfois profonde dans laquelle régulièrement l’on s’enfonce. Cependant, malgré ces difficultés, le bonheur est au présent. Où chacun des points d'observations rencontrés sur le chemin, nous transportent, tantôt sur les Alpes ou bien le Vercors qui nous paraissent pouvoir être touchés du doigt. Par temps clair, l’on peut même y apercevoir le sommet du col de Meyrand, au pied duquel s’abrite Loubaresse, le village où est né mon Père.

        Je suis là dans un voyage permanent. La nature et le calme réveillent en moi tout un monde qui se révèle nouveau, comme si j'en avais oublié le passé. Une émotion, une image, remettent en route le fil d’une histoire, ou m’apportent les éléments pour celles que j’écrirai plus tard.

 

Ventoux ''raquettes'' 11

Ventoux ''raquettes'' 11

Hubert voudrait bien pouvoir couper court, mais !

 

       Si pour atteindre son sommet à vélo l’effort reste constant, raquettes aux pieds il n’en est pas moins difficile. Ce premier jour, la dénivelée positive devait approcher les cinq cents mètres, ce qui suffit largement à me mettre en sueur.       

 

Ventoux 21 janvier 2014 

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        Pour nos deux sorties suivantes, Bernard nous a guidé sur la pente nord. Dure journée que celle où la chausse de nos prothèses ‘’piètales’ ’se fit au départ du sentier conduisant au col du Comte, en dessous du niveau du Mont-Serein. Près de 800 mètres d'une montée en positif me firent prendre conscience de l’état de ces parties du corps qui se résument en articulations et en muscles.

       Vint ensuite la rando’ au départ de l’un des parkings de la station. Cette dernière fut écourtée dans sa phase finale. La semelle de l’une des chaussures à Hubert s’étant subitement mise en ….éventail !.

       Un grand merci à Bernard, dont je viens d'apprendre ses origines briançonnaises. Région que personnellement je découvrais en 1958, en qualité d'infirmier militaire dans l'hôpital qui se situait en bas de la Grande Gargouille, aujourd'hui mairie de la ville haute.

       

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Ventoux ''raquettes'' 11

Ventoux ''raquettes'' 11

 

 

       Pour les photos : Hubert, Bernard et….ma pomme. Certaines d’entre elles, proviennent de fichiers internet.

         Bibliographie : Le Mont-Ventoux de Georges Brun, aux éditions le nombre d’or : Carpentras 1977.

             Complément d'informations pris sur la toile.

 

                                                                __________________

 

 

 

 

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04 février 2020

Au pays des Vikings...à la Norvège d'aujourd'hui...suite.

 

 

                 Du pays des Vikings... à la Norvège d’aujourd’hui. Suite.

 

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Oeuvre exposée dans le hall de l'aéroport d'Oslo.

 

 

                                             Petit retour.

          Ce dimanche  24 juin, arrivée par un vol d’Air France à Oslo-Gardermoen, aéroport construit en 1994 pour les jeux de Lillehammer. L’ancien, complètement démantelé depuis, se trouvait en ville, à proximité du fjord d’Oslo. Situé à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale, nous traversons des champs de cultures céréalières avant d’aborder une zone industrielle, comme il s’en trouve à la périphérie des villes.

        Surprenant, les bords de cette voie rapide sont absents de panneau publicitaire. À signaler que tout au long des 4000 kilomètres effectués en autocar, nous ne verrons pas de pancarte, pas de surface peinte vantant tel ou tel produit ou marque. La lecture de la signalisation, celle des panneaux, nombreux, affichant la vitesse à ne pas dépasser, présentent une lecture plus claire au profit de la sécurité.

        La visite organisée d’un quartier de la ville, visite marquée à l’attention des sculptures particulières de Gustav’ Vigeland exposées dans le magnifique par Frognier, terminera cette journée.

 

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Oslo à l'heure d'aujourd'hui. 

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Immeubles en bois, vestiges du passé, précieusement conservés.

Voyage en Norvège 009

                                            Complicité fraternelle.

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Représentation énigmatique de l'oeuvre de Gustav' Vigeland.  

                                                    

           Pour la note voulant relever les particularités....norvégiennes: Photos sur les toilettes payantes. Je sais, évidemment que les toilettes sont payantes ailleurs qu'en Norvège, Mais les installations, ici, sont...particulières.

 

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Distributeurs de bonbons...non pissotières à tirelire !

 

Norrvège du 24

Norrvège du 24

 

Péage pour se rendre à la pissotière !

 

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Visiblement ça presse et il n'a pas la monnaie !

 

        Lundi 25 juin. Après une nuit, qui je le précise, ne sera jamais noire, nuit passée dans un superbe hôtel situé dans la proximité d’Oslo, nous découvrons en quoi consiste un petit déjeuner norvégien. Tout est là, en place, pour faire un repas gargantuesque. Toutes et tous, à quelques exceptions, dont je suis, semblent apprécier le menu qui se décline à l’infini. Personnellement, la seule odeur du saumon et des harengs fumés, mais également le fumet du ragoût aux haricots me soulèvent le coeur à cette heure matinale. Fort heureusement, du café, des viennoiseries, des biscuits et de la confiture sont là pour les non adeptes de cette mise en bouche réservée aux Vikings. À l’écart des relents que mon nez n’apprécie pas, c'est ainsi que le matin je vais me retrouver en compagnie des allergiques au petit déjeuner norvégien!

     Chacun, rassasié du choix de leur assiette, du contenu de ma tasse pour ce qui me concerne, nous partons en transfert pour l’aéroport d’Oslo. Envol pour Alta dans un Boeing au nez rouge d’une jeune compagnie norvégienne.

 

Norrvège du 24 

 

Alta: est une ville située dans le comté de Finnmarck, sur les rives de la Altafjord. 

 

Voyage en Norvège 041

Dans la périphérie d'Alta.

 

       Elle est la plus grande ville située à l’extrême nord de la Norvège. Elle accueille de nombreux universitaires. Elle est réputée pour ses mines d’ardoise. La région alterne entre paysages forestiers, montagneux et côtiers.

 

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        On peut y admirer les pétroglyphes de Hjemmeluft, preuve du peuplement de la région dès 4 200 et 500 avant notre ère. Ces dessins rupestres attestent donc de la présence d'une activité humaine dans l’extrême nord de l’Europe à l’époque préhistorique.



Voyage en Norvège 038

Voyage en Norvège 037

 Alta

Norrvège du 24

Peter et son humour. Au moindre rayon de soleil, il se coiffait de ce chapeau de paille acheté à... Béziers !

 

             La visite du site rupestre terminée, l’autocar de Peter, notre chauffeur suédois, reprend la route en direction du Cap Nord. Près de 250 kilomètres seront  parcourus au travers de magnifiques paysages montagneux, de falaises bordant les fjords, de torrents et de cascades. Nous y verrons, en récupération, avant leur tournée consacrée à la distribution des jouets, les rennes du Père Noêl au repos.

 

Norrvège du 24

Norrvège du 24

Les rennes en stage de récupétation avant leur prochaine tournée... 

 

         De nombreux tunnels également, dont certains passent sous des bras de mer jusqu’à 250 mètres de profondeur, permettent à la route de passer d’une île à l’autre pour, plus loin, retrouver le sol du continent. Avant que ne soient construits tous ces passages sous roche, le transbordement des véhicules se faisait par ferry, ce qui  allongeait considérablement la durée des trajets.

 

 

Norrvège du 24 

Le pare-bris du car a pris " un pet' "...

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Norrvège du 24

 

Espace éclairé d'une " aurore boréale " anti stress !

 

 

        À noter qu’à l’occasion de ce déplacement, nous allons passer sous le tunnel du Laerdal, 24 km 500, le plus long tunnel routier au monde à ce jour ( Le Saint Gothard, en Suisse est plus long, mais il s’agit d’un tunnel ferroviaire )

         Avant d’atteindre le Cap Nord, nous prenons possession de notre chambre à Kamoyvaer ( écrit à la française, comme je l’ai fait jusqu'à présent, l’alphabet norvégien comprenant des lettres aux accents et notations particulières que le clavier français ne peut pas poser.) Il s’agit là d’un gigantesque ensemble et dernière construction avant de toucher ” le bout de la terre”.

 

Norrvège du 24

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Norrvège du 24

Etablissement tenue par une famille Samis, capable d'accueillir près de 500 personnes. 

 

      C’est après un buffet à la norvégienne que nous reprenons la route à 22 heures pour aller chercher notre diplôme de “Capordien” et espérer voir le soleil de minuit. De nombreux cyclos-campeurs, les sacoches bourrées jusqu'à la gueule, en finisent de leur raid infernal.

 

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Minuit sous la pluie.

 

Norrvège du 24

 Minuit quarante... Le ciel devient à nouveau bleu. 

 

        Le cap Nord est situé sur Mageroya, île norvégienne du comté de Finnmark, et fait partie de la commune de Nordkapp. Il s'agit d'une falaise de 307 mètres de haut, dominant les océans atlantique et Arctique ; il marque la limite entre la mer de Norvège, à l’Ouest et la mer de Barents à l’Est. Comme le reste de l'île, le paysage est composé de toundra, vierge d'arbres.

         Le cap est situé par 71° 10′ de latitude nord. Bien qu'il ne soit pas le point le plus septentrional d'Europe, il l'est souvent considéré à titre symbolique du fait du caractère majestueux de son environnement. Sur Magerøya, le point le plus septentrional est Knivskjellodden, un cap situé à l'ouest et à 1 457 mètres plus au nord. Il est cependant d'une altitude moins élevée et ne présente pas un caractère aussi majestueux !

 

Norrvège du 24

Au fond, le vrai Cap Nord. Trop petit espace pour en faire un lieu touriste d'accueil!

      À cette latitude, le jour polaire dure deux mois et demi chaque été. Au cap nord, le soleil de minuit est visible du 13 mai au 29 juillet. Du 18 novembre au 23 janvier, le soleil ne se lève pas, c'est la nuit polaire. Le jour se limite à quelques heures d'une lueur blafarde.

   Grand moment que celui de fouler un sol qui s'arrête brutalement pour plonger 300 mètres plus bas et disparaître sous une eau sur laquelle, plus loin, flottent des icebergs. Ce type de lieu a, sur moi, le grand bavard, une influence que je ne sais pas décrire mais qui me pousse à l’isolement. Qui m’entraîne à des réflexions muettes dont certaines me surprennent à en constater un doux larmoiement. 

 

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Il est là...près de minuit.

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Une suite...au prochain numéro !

Note: Si mes publications vous intéressent, je vous invite à vous abonner à mon blog par un simple clic et ainsi, vous serez informé ( ée) de mes nouvelles publications.

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03 février 2020

Du Pays des Vikings...à la Norvège d'aujourd'hui. La Pêche en Norvège.

                          La Norvège et la pêche...

La Norvège, où le cabillaud...puis la morue sont, ici,  des Dieux!

Note:

    Le cabillaud est le nom donné au poisson lorsqu'il est frais et sans traitement.

 

 

Cabillaud

 

           La morue est le nom donné au poisson lorsqu'il est coupé en filets, salé et séché. La morue est donc du cabillaud ayant été salé et séché.

 

Norrvège du 24

 Livraison de morues aux magasins... pour touristes !

Norrvège du 24

Sur la route du Cap Nord.

Norrvège du 24

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        La pêche en Norvège est un moyen d'adopter le mode de vie des locaux. D'innombrables lacs et rivières et un vaste littoral, offrent aux professionnels, comme  aux amateurs, des terrains de pêche parmi les plus riches d’Europe.

      Cela peut paraître bizarre, mais un nombre surprenant de Norvégiens vit toujours dans les zones rurales, près des collines escarpées aux pieds des fjords, à l'entrée d'une forêt, ou sur les rives de grands fleuves.

 

 

Norrvège du 24

Norrvège du 24

   

         La plupart des régions du pays sont habitées et facilement accessibles, ce qui ouvre de multiples possibilités de partie de pêche en Norvège, tant en eau douce qu'en haute mer. À l'intérieur du pays, comme à Hemsedal ou à Gjovik, vous trouverez certains des meilleurs endroits pour la pêche en eau douce, et pour la pêche à la mouche, en particulier. Des milliers de lacs, de rivières et de cours d'eau restent, de nos jours, encore  fortement peuplés de truites sauvages, de saumons, d’ombres, de brochets et d'ombles chevaliers, pour ne citer que quelques espèces.

 

 

 

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Lac près du Cercle Polaire.

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Saumon de rivière.

 

   Un littoral au relief accidenté, dont l'environnement sauvage et intouché, offre au pêcheur local de grandes chances d'attraper de quoi se nourrir. Avec leurs eaux froides et claires où l'on pratique un développement durable, les mers norvégiennes ont des stocks abondants de poissons et crustacés.

    L'océan regorge littéralement de gros poissons comme le cabillaud, l'églefin, la plie, le saumon, le sébaste, la lingue franche, le brome, le flétan, le maquereau et le lieu noir.

        L'impressionnant littoral de la Norvège mesure plus de 101 388 kilomètres, ce qui correspond à faire le tour du monde deux fois et demi en ligne droite, selon le National Geographic. Il ne s’agit pas là d’un simple fait curieux, mais la raison pour laquelle la mer a toujours été à la base même du quotidien des norvégiens. Bien que la pêche aujourd'hui se soit transformée en une industrie moderne, la pêche traditionnelle reste ancrée dans le mode de vie norvégien et comme passe-temps des habitants.

Petit retour...

      *Dans l’archipel des Lofotens, à la fin des années 1980, le cabillaud a failli disparaître. Mais la filière a bénéficié d’un programme inédit et aujourd’hui, le commerce, devenu durable, a repris.

 

 

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Archipel des Lofotens'

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Les séchoirs à morues

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            Pour la morue, la route fut longue. Plusieurs milliers de kilomètres à coups de nageoires dans les eaux glacées de la mer de Barents pour parvenir jusqu’à l’archipel norvégien des Lofotens, au nord du cercle polaire.

 

Norrvège du 24

 

  

    _En ce petit matin de mars, Borge Iversen, à bord du bateau de pêche qui porte son nom, n’a plus qu’à se pencher pour les cueillir... ou presque.

    Dans les creux d’une mer noire d’encre, l’homme relève ses palangres. Quatre lignes de 750 mètres chacune, posées la veille, plongeant à 60 mètres de profondeur. Un hameçon tous les deux mètres. Et une morue sur chaque hameçon. Ici, au large du petit port de Ballstad, c’est la pêche miraculeuse ! Chaque année, entre janvier et avril, elles arrivent par centaines de milliers. Gadus morhua, notre cabillaud de l’Atlantique, vient frayer dans ce recoin de la mer de Norvège, avant de reprendre, avec ses larves et au gré des courants, sa longue migration vers la mer de Barents, au nord. Ce pèlerinage à écailles nourrit les hommes des Lofotens depuis des centaines d’années.

    Les Vikings pratiquaient déjà cette pêche saisonnière et expédiaient, une fois leur pêche séchée, leur butin partout en Europe.

         Incroyable d'imaginer, des siècles en arrière, la vie  dans ces Îles du Nord, montagnes sorties de l'océan où la neige et la glace en recouvraient le sol la majeure partie des mois de l’année.

 

 

Norrvège du 24 

Un fjord. Certains d'entre eux pénétrent les terres sur 200 kilomètres et plus.

 

Note: 

Un fjord ou fiord (mot norvégien, prononcé fiord) est une vallée glaciaire très profonde, habituellement étroite et aux côtes escarpées, se prolongeant en dessous du niveau de la mer et remplie d'eau salée. La Norvège est le pays des fjords. Ils y sont extrêmement nombreux et spectaculaires.

 

       Le trésor de ces Îles est d'abord venu de ses fonds marins riches de poissons abondants et prisés. Pour rappel, certains fjords ont une profondeur descendant à plus de 1300 mètres. La fameuse pêche à la morue a ainsi fait la réputation des Lofotens. La pêche à la morue, ce sont des dizaines de milliers d'embarcations qui sillonnent les rivages déchirés de ces Îles.

    *À noter que la Norvège est au troisième rang mondial pour sa flotte maritime.

          Les morues, pour être conservées et envoyées dans toute l'Europe sont accrochées sur d'immenses séchoirs au gré du vent et du soleil. Aujourd'hui, le fond de l'air sent toujours le poisson séché et les Lofotens ont conservé cet héritage historique unique. 

 

 

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Notes:

     La Norway Seafoods a sortie de son usine de transformation et de conditionnement 260.000 tonnes de morues pour l'année 2016, dont 73.000 tonnes expédiées en France.

    Les têtes des morues sont destinées au Nigéria. Une fois les têtes broyées, la poudre est ensuite vendue aux centres piscicoles. Elle est également cuisinée en bouillon alimentaire, riche en protéines. Bouillon destiné à la population du pays.

 

Norrvège du 24 

Séchoir à têtes !

 

Suite et fin dans une prochaine publication.

 

                                                                              ___________________________________




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Du pays des Vikings...à la Norvège d'aujourd'hui. Le sport...de chez les Vikings...à la Norvège d'aujourd'hui.

 

 Merci à Canalblog. Je retrouve mon texte à nouveau illustré de photos ( Elles s'étaient, pour un temps, "évaporées" de mes articles ! )

 

Du pays des Vikings...à la Norvège d’aujourd’hui.

Le sport chez les Vikings

Sommaire.

 

 

 

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Les îles Lofoten. 

 

                 Vous l’aurez compris, au delà des paysages visités, je me suis intéressé à  l’histoire du pays, à ses particularités dont certaines ont déjà été évoquées dans des passages publiés dernièrement. D’autres viendront...

     Aujourd’hui, et avant de vous emmener dans les îles Lofoten, le Cercle Polaire, Bergen et autres lieux de visites, j’ai eu la curiosité, passionné de sports et...encore pratiquant, de questionner le guide, puis d’aller chercher sur Wikipédia quels étaient les jeux des Vikings... pour, succinctement, évoquer le sport en Norvège… aujourd’hui.

 

 

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Au Cercle Polaire. 

 

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Bergen.

                                             ________________   

 

Le sport chez les Vikings.

 

 

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Dessin Samis.

  

                 D'après les sources littéraires, les Vikings pratiquaient divers sports, nommés Leikar, tels que la course à pied, la natation, le ski mais aussi des jeux de lancer, des jeux de force et de lutte. Les sagas mentionnent plusieurs jeux de balle mais ne définissent pas explicitement leurs règles.

   Selon la légende, Olaf Tryggvason aurait été capable de parcourir son navire de la poupe à la proue en marchant d'une rame à l'autre en pleine manoeuvre, un exploit réitéré, en partie, par Kirk Douglas, sans doublure, dans le film "Les vikings".

 

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Olaf Tryggvason. 

 

             Il est probable que les Vikings aient apprécié des jeux qui permettaient de tester leur résistance physique, tels que le soulever, le jeter des poids. L’escalade et les sauts, rentraient également dans la liste de leurs pratiques

     Ces jeux de plein air étaient généralement pratiqués au cours de grands rassemblements, à l'occasion de célébrations ou de fêtes, ou bien des rassemblements pour participer spécifiquement à des jeux : Leikmot. Dans le cadre de ces rencontres, les blessures graves ou la mort n'étaient pas rares tellement les affrontements étaient rudes ! 

     *Le toga honk, ou tir à la corde, était pratiqué de différentes manières, debout et même assis, mais les sagas ne donnent pas de détails quant aux règles du jeu. Une variante consistait à remplacer la corde par une peau d'animal et à pimenter le jeu en la plaçant au-dessus d'un feu !

     *Le knattleikr était un sport probablement similaire au hurling irlandais actuel dont il est peut-être à l'origine. Les plus anciennes traces écrites au sujet de ce sport remontent au VIIIème siècle.  Il s'agissait d'une forme de soule à crosse, très rapide, qui fut jouée par les Vikings en Irlande et par leurs descendants, les Norvégiens-Gaëls. La brutalité du jeu a provoqué son interdiction du XVIème au XVIIIème siècle.  

    *La glíma est un sport de lutte dont la tradition a été conservée en Islande. Les combattants s’échangeaient des coups foudroyants, se frappant aussi bien avec les mains qu'avec les pieds, l'objectif étant de faire tomber l’adversaire. Les compétences techniques et l’équilibre l'emportaient sur la force.

     *La Glima était pratiquée par toutes les classes de la société scandinave, y compris par les femmes. Il existait différentes formes ou variantes, comme par exemple la Glima aquatique impliquant de maintenir son adversaire sous l'eau jusqu'à ce qu'il finisse par abandonner...ou à mourir noyé ! ​  

      *Le ski était pratiqué avant même le début de l'Âge Viking, comme le patinage. Compte tenu de l'environnement et du climat, avant même d'être un loisir, c'était un moyen pour se déplacer ou partir à la chasse. Les plus anciens skis au monde qui ont été découverts en Suède et en Norvège datent respectivement d'environ 4500 ans avant J.C. et 3.200 avant J.C.  

 

 

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Ski datant de 3200 ans..avant J. C !

   *Le kubb est une combinaison du jeu de quilles, du lancer de fer-à-cheval et des échecs. Le mot "Kubb" signifie bloc de bois en dialecte du Gotland (Suède). Le but est de renverser les blocs en bois de l'adversaire à l’aide de bâtons. Le vainqueur est celui qui parvient le premier, et à la fin seulement, à faucher le roi. Le jeu, qui n’est pas dépourvu de stratégie, est parfois surnommé "jeu d’échecs viking". Les règles peuvent varier d'un pays à l'autre et de région en région.

      *Les combats de chevaux consistaient à aiguillonner deux étalons pour les amener à se battre l'un contre l'autre jusqu'à ce que l'un d'entre eux soit tué ou s'enfuit. Des juments étaient attachées à proximité pour être en vue des étalons !

              _______________ 

 

            Le sport en Norvège...aujourd’hui. 

 

 

Norrvège du 24

Patineur de vitesse.

 

           En Norvège, le sport, au même titre que l’éducation, occupe une place importante dans la vie des Norvégiens.

     Ce territoire peuplé de seulement 5 millions 400 milles habitants possède, au rang des nations, le plus grand nombre de champions olympiques pour ce qui concerne les jeux d’hiver. Le ski de fond, le biathlon, le saut à ski, le patinage de vitesse et à un degré moindre, le hockey sur glace, sont les sports où les Norvégiens et les Norvégiennes obtiennent des résultats dépassant ceux des grands pays. La Norvège occupe le premier rang des nations aux jeux olympiques d’hiver, avec plus de médailles d'or, d'argent et de bronze que tous les autres pays participants.

 

 

Ivar Ballangrud

Ivar Ballangrud.

 

 

    Marit Bjørgen, ski de fond et Ole Einar Bjoerndalen, en biathlon sont les plus couronnés des éditions olympiques hivernales avec respectivement 15 et 13 médailles olympiques ainsi que huit titres, record qu'ils partagent avec leur compatriote fondeur, Bjorn Daehlie.

               

Marit Bjorgen        

 

Marit Bjorgen.

Ole Einar Bjoerndalen

  

Ole Einar Bjoerndalen.

 

Bjørn Dæhlie 

Bjorn Daehlie.

 

        La Norvège compte dans ses rangs de nombreux champions cyclistes parmi les meilleurs spinters des pelotons depuis des années, dont Thor Hushovd, deux fois vainqueur du maillot vert du tour de France, 10 victoires d’étape, porteur 11 jours du maillot jaune et un titre de champion du monde sur route en 2010 sur le circuit de Geelong en Australie.

 

 

Thor Hushovd 

Thor Hushovd.

 

   *Note: Bien que n’étant pas le plus populaire, au nombre des licenciés, en Norvège, c’est le football qui est le sport le plus pratiqué, mais ses résultats, au plan international, restent modestes.

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01 février 2020

Des Vikings... à la Norvège d'aujourd'hui. Suite et fin.

Du pays des vikings...à la Norvège d’aujourd’hui… suite et fin.

 

Résumé des précédentes étapes.

 

         Depuis notre départ ce 24 juin de l’aéroport de Marseille, depuis notre arrivée à Oslo, via Paris, les impressions reçues comme des flashs m’ont ouvert à l’appétit de la découverte. J’attendais beaucoup de ce voyage et son terme viendra en confirmer favorablement toutes mes attentes.

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Le nouvel opéra d'Oslo.

 

           Premier jour: Visite guidée d'Oslo et du parc Frognier où les sculptures, nombreuses, de Gustav Vigeland, oeuvres colossales pour certaines, sont encore à m’interpeller à propos de leur expression et du message qu'elles veulent faire passer ou transmettre!

 

 

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Gustav Vigeland dans son atelier.

            Le repas du soir, le premier pris sur le sol Norvégien fut un festin. Le buffet, royal, faisait proposition de saumon fumé, de poissons cuisinés, de ragoûts mijotés, de sauces, de légumes crus, cuits, secs, le tout à satiété. La présentation semblait être servie pour une légion tellement elle était copieuse. Quant au plateau des desserts, il allait, pour ce qui était de ses choix, bien au delà de ce que chacun pouvait en goûter.

      *Note: Je découvre qu’en Norvège, de façon habituelle, les menus sont proposés sans la présentation de la carte des vins. Les consommateurs sont invités à se rendre au comptoir aménagé pour ce service. Installé dans un espace de la salle à manger, l'on peut y commander sa boisson alcoolisée, soit du vin ou de bière, que chacun est tenu d’acheminer à sa table.

        La chambre de l’hôtel Scandic d’Oslo qui nous fut désignée, à Josyane et à moi, ne fit pas mentir les éloges qui en étaient faits sur le guide touristique. Première nuit de ma vie...où en fait, il ne fit jamais réellement nuit.

 

Norrvège du 24

 

        25 Juin: retour à l’aéroport d’Oslo pour un embarquement vers Alta. Peter et son autocar nous accueillent dès sortis de l’avion. Avec ce tandem, nous allons parcourir près de 4000 kilomètres sur les routes et les ferry norvégiens.

 

Norrvège du 24 

Peter et son chapeau acheté à...Béziers et dont il est fier!  

 

               À la sortie d’Alta, visite d’un site aux nombreux dessins rupestres. Les gravures d’Alta ont été réalisées au cours d’une période comprise entre le Ve millénaire av. J.-C. et moins 500. Elles sont l’œuvre d’un peuple vivant de chasse et de pêche. Elles mettent en évidence certaines de leurs croyances et de leurs rites. Ces gravures servaient probablement à symboliser des mythes ou des légendes concernant le monde des esprits.

 

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Entrée du musée. 

 

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             Dès la fin de la visite, nous partons en direction du Cap Nord. Superbe trajet aux paysages variés entre fjords, lacs et montagnes. À Laerdal, dans le Comté de Sogn-og-Fjordane, à l’ouest de la Norvège, traversée du plus long tunnel routier au monde, 24 km, 500. Il relie Laerdal à Aurland.

 

 

Norrvège du 24 

Norrvège du 24

Tunnel: Passage dans une grotte aux couleurs " anti-stess".

 

                Installation dans un très grand complexe hôtelier construit au milieu d’une steppe immense. Après le repas du soir, toujours riche en Norvège comme l’est par ailleurs celui du petit déjeuner, départ vers l’un des Graals de ce voyage: Le Cap Nord.

 

Norrvège du 24

                                   

Norrvège du 24

Norrvège du 24 

     

Norrvège du 24

 

Au Cap Nord: Le soleil de minuit.

'Diplome ' Cap Nord

 

         Photos du soleil de minuit, une coupe de champagne servie aux groupe et remise d’un diplôme certifiant notre visite en ce lieu géographique particulier,  viennent en clôturer notre passage.  

           Retour à l’hôtel. Il est 2 heures du matin, la nuit s’est oubliée car il fait encore pratiquement plein jour. Des cyclotouristes, les sacoches de leur vélo gonflées d’un chargement excessif, cyclocampeurs dans leur majorité, roulent dans la brume matinale, refaisant à l’envers cette route qui, comme nous, les a conduit... au bout du monde. Mon regard a du mal à quitter ce soleil naissant ou sur le point de se mourir! En effet, mystérieusement, rien de précis à mes yeux ne vient en marquer la différence de son lever ou de celui d’un coucher tardif...

        26 juin: Au petit matin, retour vers le sud en direction de Alta par le grand plateau de Finnmarksvidda. Deux traversées en ferry nous permettent de rejoindre Tromso, le petit Paris du Nord!  

                                       

 

La cathédrale de Tromso

Cathédrale de Tromso

La cathédrale de Tromso

La cathédrale de Tromso.

Note: La visite des lieux de culte est payante en Norvège.

  

           27 juin: Les Îles Vesteralen. Nous traversons d’épaisses forêts. Il n’est pas rare de voir la route furtivement traversée par un petit troupeau de rennes. Arrivée à Bjerkvik. Découverte de montagnes abruptes et déchiquetées, ainsi que des petits villages de pêcheurs aux cabanes multicolores.

  

Dans les Îles Vesteralen

Vesteralen.

  

                28 juin: Vesteralen-Les îles Lofoten. Région de la pêche aux cabillauds en particulier et de ses séchoirs à poissons. Je rappelle que l’on appelle cabillaud le poisson consommé frais et ce même poisson... devient morue une fois séchée!

 

Norrvège du 24

 Séchoir à morues en pleine nature.

 

               Ce même jour, une demi étape nous conduit à faire une mini-croisière sur le Vestfjord avant de rejoindre Bodo en autocar.

Bodo

 

 

             29 juin: Bodo-Le Cercle Polaire-Steinkjer. Après avoir traversé des paysages sauvages, ventés, au climat ingrat, arrivée au Cercle Polaire. J’avoue avoir été un peu déçu. Je m’attendais à marcher sur la glace, au milieu de congères. En fait, j’ai confondu... Cercle Polaire et Pôle Nord !

 

 

Norrvège du 24

Norrvège du 24

  

           Insolite. Lors d’un arrêt conforme à ses heures de conduite, sur un site désertique mis à part quelques baraques souvenirs, j’ai entamé avec Peter, dingue de boules, une partie de pétanque.

 

 

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Entre deux boules jouées..les mains dans les poches s'imposent !

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              30 Juin: Steinkjer-Trondheim-Lom. À Trondheim, capitale historique et religieuse du pays, que l’on appelle également la porte du Nord. Visite de la ville à partir de sa tour panoramique. Visite des extérieurs de la cathédrale de Nidaros. Autre curiosité: L’ascenseur à vélo qui permet d’être hissé sans effort au sommet d’une rue dont la pente est sévère. Sans effort, certes, mais non sans des qualités d’adresse et d’équilibre !

 

 

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Trondheim: La cathédrale.

 

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L'ascenseur à vélo !

 

                  À Lom, visite de l’une des plus belles églises de Norvège construites en bois debout.

 

 

Norrvège du 24

 

Fin du résumé des étapes précédentes.

_________________________

 

             Ce dimanche 1er juillet nous partons à la découverte de Bergen.

     Longue traversée des montagnes de Sognefjell pour arriver sur les rives du Sognefjord. Langue de mer unique en son genre pour la Norvège. En effet, ce fjord s’enfonce sur plus de 200 kilomètres entre des falaises, hautes pour certaines de plus de 100 mètres. Entre autres caractéristiques, il affiche, par endroits, plus de 1300 mètres de profondeur. Sur le Sognefjord, mini croisière de 2 heures. Repas pris dans un cadre Viking. Reprise de la route, passage par Flam Gudvangen et Voss.

 

 

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Voyage en Norvège 054

 

Bergen

Bergen

              Bergen est une ville située sur la côte sud-ouest de la Norvège. Elle est entourée de montagnes et fjords, dont le Sognefjord, qui est le plus long et le plus large du pays. Le quartier de Bryggen se distingue par ses maisons en bois colorées sur le vieux quai. Il était autrefois un centre de l'empire commercial de la Ligue hanséatique. Le funiculaire de Fløibanen emmène les visiteurs au sommet du mont Fløyen, avec sa vue panoramique et ses nombreux sentiers de randonnée. Troldhaugen est la maison où vécut le célèbre compositeur Edvard Grieg.  

      Une visite guidée de la ville, classée au patrimoine mondial de l’humanité, nous entraîne sur les quais et au travers de petites ruelles, où subsistent des habitats et des commerces anciens.  Bergen est particulièrement connue pour sa cité hanséatique.

 

 

Norrvège du 24

 

 

              *Les villes hanséatiques  sont, en Europe du nord, les villes qui au Moyen âge ont adhéré à la ligue marchande de la Hanse. Les liens entre les villes de la Hanse étaient très souples et ne faisaient pas l'objet de traités, ce qui favorisait les échanges commerciaux entre les partenaires du pacte.

     2 juillet:  Bergen-Oslo. Départ à travers la région du Hardanger. La route touristique que prend Peter longe le Hardangerfjord, lequel est traversé par le pont suspendu le plus long de Norvège et qui compte parmi les plus longs au monde.

 

 

Le Pont du hardanger

 

             De retour à Oslo, visite en autocar des extérieurs de la ville avec un passage tout près du palais Royal.

 

*Le palais royal d’Oslo:

 

 

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              *17.624 m2 et 173 pièces... Né de la volonté d’un français:  Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal d’Empire, alias Charles XIV Jean, roi de Suède et de Norvège, l’imposant bâtiment néo-classique est l’un des plus grands du royaume. Il domine la ville du haut de la colline de Bellevue. Résidence royale inaugurée le 26 juillet 1849 par le roi Oscar Ier.

              En Norvège, la monarchie remonte à l’époque de Charlemagne et depuis 1905, c’est un rameau de la maison de Glücksbourg qui règne sur l’antique pays des vikings. Le roi Harald et la reine Sonja cultivent volontiers une apparente simplicité dans leur mode de vie.

 

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  Oscarhall, le palais d'été du roi et de la reine de Norvège. 

                        *Note: Le parc du palais Royal est ouvert au public tout au long de l’été. Les visiteurs peuvent y faire leur jogging, y faire du vélo, pique-niquer sur les pelouses.

            La fin du voyage s’annonce pour les heures à venir. Avant notre départ pour Roissy, puis pour Marseille, nous partons visiter le musée des Vikings d’Oslo dans lequel nous avons pu y voir d’authentiques drakkars protégés depuis des siècles sous des tumulus.

     Ce musée présente les bateaux vikings les mieux conservés du monde. Ils ont été découverts dans trois tertres funéraires près du fjord d'Oslo où ils avaient été ensevelis il y a plus de 1100 ans pour transporter leurs importants propriétaires…. dans le royaume des morts. En fait ces drakkars servaient de tombeaux aux personnes de haut rang.

      Plusieurs bateaux, traîneaux, finement décorés, sont présentés  dans un état surprenant de maintien.

 

Norrvège du 24

Voyage en Norvège 064

 

 

______________________

                       C’est sur cette magnifique visite que s’est terminé notre voyage sur le sol Norvégien. J’en ai ramené de nombreux souvenirs dans des registres très différents. Tout d’abord celui des paysages sauvages à perte de vue. Des forêts sur des dizaines de milliers d’hectares d’un seul tenant. De l’eau, des cascades plus hautes, plus belles les unes que les autres. Des lacs de montagne où la neige de printemps venait encore en côtoyer les berges en ce début de juillet. Les rennes, cet animal mythiques pour les enfants et qu’il me fit plaisir de voir, de mes yeux voir pour en parler à mon petit fils de 6 ans à qui j’avais promis de leur adresser un coucou de sa part.

 

Bjerkvik

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Norrvège du 24

Norrvège du 24

Norrvège du 24

Norrvège du 24

 

 

           J’ai aimé mon voyage en Norvège pour ce que j’y ai vu et appris de ce pays. J’ai aimé la visite d'Oslo et particulièrement celle du parc Frognier, inondé des statues de Gustav Vigeland dont l’étrangeté de son oeuvre m’a intéressé, m’a surpris, m’a dérouté à certains égards, parfois.

 

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Trondheim.   

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Rive de la Nidelda.    

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 Pont sur la Nidelva. 

 

             J’ai aimé la visite de Trondheim et de sa cathédrale de Nidaros. Construite à l'emplacement de la tombe du roi de Norvège Saint Olaf, tué à la bataille de Stiklestad le 29 juillet 1030 , elle est située au bord de la rivière Nidelva. Regorgeant sur sa façade de multiples exemples de sculptures à la fois romane et gothique, en font probablement l'un des plus beaux édifices médiévaux de  Scandinavie.

 

 

Norrvège du 24

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              J’ai aimé le climat paisible, la sérénité qui enveloppe le peuple et leur Nation. Si l’accueil peut surprendre par ce qui semble être une éducation de rigueur dans l’exercice des services de restauration et d’hôtellerie, pour ne parler que de ceux dont nous avons été le plus souvent clients, j’ai aimé le professionnalisme de ces personnels.

         Au plan de la citoyenneté: Sur près de 4000 kilomètres parcourus en car, je n’ai entendu qu’un seul coup de klaxon. La police, en Norvège y est invisible, à la fois en ville et sur les routes. La seule fois où nous avons vu le costume d’un agent, ce fut lors d’un avertissement donné au chauffeur de l’autocar qui des kilomètres en amont, a été  filmé suivant de trop près le véhicule qui le précédait! Ceci pour dire qu’en Norvège la surveillance en ville, en campagne, sur les routes, est assurée par des milliers de caméras et des centaines de radars. Tous les véhicules touchant le sol norvégien sont filmés dès leur entrée et ou débarqués des bateaux ou ferry. Les péages des tunnels, d’autoroute ou de nouvelles voies, sont à régler au domicile des conducteurs ou des sociétés de transport, norvégiens et conducteurs étrangers confondus. Tous les postes à péages se passent à vitesse normale. Pas de barrière, pas de poste de contrôle...mais des caméras à tous les endroits considérés stratégiques. Soit pour relever le passage des véhicules en vue d’un facturation, soit en fonction d’une nécessité retenue par les responsables du pays.

         Nombre détails de l’organisation politico-sociale du pays ont retenu mon attention et dont nous devrions prendre modèle, mais mon propos dans ce récit n’y a pas de place. Cependant et pour un clin d’oeil malicieux à l’adresse de nos dirigeants politiques, de toutes appartenances confondues, je veux citer la simplicité et la rigueur auxquels sont tenus les élus ou apparentés responsables auprès du gouvernement norvégien. Dans le vol Air-France qui nous transportait de Paris à Oslo, nous volions sur un Airbus 320 en classe ordinaire. J’ai pu reconnaître Madame Eva Joly, conseiller spécial au gouvernement norvégien, députée européenne, d’autre part, longer le couloir pour aller aux toilettes de madame et de monsieur tout le monde… Fin de commentaire pour ne pas céder à de mes démons contestataires...

__________________________

       En espérant vous avoir intéressé par ce "récit-reportage" que ma mémoire, des notes prises, de l'écoute de notre guide, de l'aide de Wikipédia, m'ont permis de vous restituer. 

Je signale que certaines des photos présentées ne sont pas des photos personnelles. Elles ont été empruntées sur divers albums du Net.

Marcel Tauleigne.



         




                  



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29 janvier 2020

Des Vikings...à la Norvège d'aujourd'hui. Suite.

 

 

 Partie de Marseille pour Oslo ce 24 juin, via Roissy-Charles De Gaulle, je vous invite à lire mes commentaires sur mon voyage en Norvège.

Du pays des Vikings ...à la Norvège d’aujourd’hui.

Suite. 

Dimanche 24 juin 2018: Première journée passée à Oslo. Visite de la ville et du parc Frogner.

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Il s'agit là d'une photo d'emprunt.

Norrvège du 24

Chantiers autour de l'opéra.

Norrvège du 24

Norrvège du 24

Vestige du passé. Construction en bois.

Voyage en Norvège 019

Le parc Frognier.

 

         Si la ville présente de nombreux points d'intérêt, tous ne pouvant pas vous être décrits ou racontés, je vous propose l'une de mes visions qui a retenu plus particulièrement mon attention:  

                    Aujourd'hui, je vous amène au Parc Frogner à Oslo pour une exposition permanente en plein air des statues de Gustav Vigneland. Exposition composée de la plus grande collection du monde de sculptures exécutées par cet artiste. 

    Pour ce parc, il a réalisé 650 statues ou dessins. Ses personnages représentent le cycle de la Vie, la destinée de l'homme... de l'enfance à la vieillesse.         

       Un arrêt dans ce parc majestueux et riche des oeuvres d’art de ce sculpteur pour le moins... énigmatique. 

 

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Gustav Vigeland.

                                                     

         Gustav Vigeland est un sculpteur norvégien. Se principales réalisations se trouvent au Parc Frognier, le plus grand parc d'Oslo où sont exposées 214 de ses œuvres.

          Vigeland, de son vrai nom Gustav Thomsen est né à Mandal, une petite ville du sud de la Norvège. Il est issu d'une famille d'artisans et de comptables. Il y fait ses études primaires et s'y initie à la sculpture sur bois. Son enfance fut malheureuse à cause d'un père dont le comportement revêtait, parfois, un caractère inquiétant et en particulier dans ses pratiques religieuses où à certaines occasions, il fouettait son fils en public ! À l'âge de quinze ans, il part à Oslo pour servir d'apprenti à un sculpteur sur bois professionnel. Grâce à l'appui moral et financier du sculpteur Brynjulf Bergslien, il commence à fréquenter une école d'art et, en 1889, il expose pour la première fois au regard du public une de ses œuvres.

       De 1891 à 1896, Vigeland fait plusieurs voyages à l'étranger. Il visite Copenhague, Paris, Berlin et Florence. C'est de cette expérience qu'il tire sa formation non académique: à Paris, il assiste aux cours d'Auguste Rodin, tandis qu'en Italie, il découvre l'art antique et la Renaissance. Au cours de ces années, les thèmes qui dominent la majeure partie de sa production artistique commencent à apparaître.  La mort, la vie quotidienne, l'homme et la femme. Ses deux premières expositions personnelles ont lieu en Norvège en 1894.

 

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                                        Immense fontaine située au centre du parc.

         En 1906 Vigeland présenta un modèle de fontaine monumentale en gypse qui, selon le conseil municipal d'Oslo, devait embellir la place face au Parlement National. La construction de la fontaine fut ajournée jusqu'à l'entente d'un accord sur l'emplacement définitif. Pendant cette attente, Vigeland agrandit son projet original en ajoutant divers groupes de sculptures et en 1919, une haute colonne de granite.

 

Voyage en Norvège 033

     La colonne en granite.           

        Le cycle de la vie avec ses étapes. Elles évoquent le thème de la mort, des rapports de l'homme et de la  femme, les adultes et les enfants par la présence de 192 sculptures dans le parc qui porte son nom. 

 

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Ici, c'est le 3ème âge.

 

Chaque sculpture, naturaliste et expressive, est structurée de deux figures qui dépeignent les relations entre eux, les rapports humains. Elles s'équilibrent au milieu de toutes ces formes.

 

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Cette statue montre la lutte entre l'homme et la femme. Chaque statue est le miroir de la vie, le reflet de tous les jours.

 

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Détail de la colonne.

 

Et voici le monolithe (1919), colonne couverte de figurines entassées dont le fond semble inerte. Elles forment une spirale qui s'élève, dont le début est dans l'âge et le sommet est fait par la jeunesse.

C'est le cycle sans fin. Le tourbillon de la vie avec la lutte incessante pour atteindre le sommet.

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Le monolythe présente une hauteur de 14m12. De part et d'autres de cet ensemble, et de chaque côté, on comptabilise 36 groupes sur les cycles de la vie.

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Au départ, le parc fut constitué d'une fontaine composée de six géants qui tenaient une soucoupe d'où s'écoulait l'eau. Représentation du fardeau de la vie et l'effort soutenu.

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       L'eau rappelant le symbôle de la fertilité est entourée également par vingt sculptures qui représentent l'arbre de la vie. C'est le rapport de l'homme et la nature.

Voici, ici une plaque qui orne le socle de la fontaine,

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        Puis nous enjambons l'étang de Frogner par le pont en bronze où se situe les statues en fonte modelées par Vigeland. Elles sont d'une tranche d'âge plus jeunes, voire enfantile.

     C'est encore une représentation du cercle de la vie, du mouvement, de l'attraction entre les êtres liés ensemble pour la vie, la force de la nature, la continuité.

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Voici l'enfant en colère,

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L'axe du parc est composé d'une allée centrale qui dirige le regard vers le monolithe. Cette allée est ornée de part et d'autres de 58 sculptures dont le sens est l'amour maternel et paternel. L'homme est en avant, sa représentation frappe dans l'idéologie de l'époque. L'homme se devant d'être viril, il fige à jamais les expressions, les émotions.

Au fond de cette allée, la fontaine entourée d'un damier qui représente le labyrinthe, la poursuite, la symbolique de la vicissitudes de la vie.

 

 

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Au niveau supérieur se trouve la colonne aux corps enchevêtrés.

 

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        Mon sentiment: La visite de l'oeuvre de Gustav Vigeland ne m'a pas laissé pas indifférent. En effet, ses statues en bronze, comme celles en granite, interpellent quand à ce thème répétitif et dont la symbolique peut paraître inquiétante. Il peut s'y voir mêlé amour et violence dans une confusion, qui pour m'a part m'a quelque peu dérouté. Je vais cependant vouloir en retenir la qualité des oeuvres et la splendeur du parc qui accueille le visiteur.

 

 

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            Cette visite culturelle me conduit à vouloir vous parler, sommairemment, du systhème éducatif et de l'organisation de la scolarité des jeunes Norvégiens.

 

                                                        Le système éducatif norvégien.                            

 

              La Norvège fait partie des pays nordiques célèbres pour leur système éducatif à mille lieues de celui qu’on trouve en France.

*La scolarité est gratuite et obligatoire de 6 à 16 ans. Gratuite également pour tous les étudiants.

*Une école primaire où les niveaux et le redoublement n’existent pas. Tout le travail scolaire s'organise par groupe et n'est pas sanctionné par une note.

*Pas de baccalauréat, mais un examen à la fin de chaque année sur la matière choisie en vue de l’orientation d’études que l'élève a envisagé par anticipation. 

*La relation entre professeurs et élèves et ce à tous les niveaux d'études, s'organise autour du tutoiement.

Rappel: Taux d'alphabétisation: 100% !

*Il n'existe pas de cantine scolaire, ni de restaurant universitaire en Norvège. Les élèves, les étudiants apportent un matpakke au lieu d’aller sur leur lieu de cours. La tradition, consiste à venir avec un en cas, une nourriture emballée. Il s'agit en fait d'un sandwich constitué d’épaisses tranches de pain, souvent trois ou quatre,  généralement rempli avec du fromage, de la charcuterie, des poivrons et différents légumes. Et si c’est un repas prisé des écoliers, la plupart des actifs continuent à apporter leur matpakke sur leur lieu de travail ! 

      *Note. Pour tous les norvégiens, enfants et adultes, le petit déjeuner est un gros repas constitué de poissons, de viandes, de plats cuisinés, de légumes, de confitures etc… Le second gros repas se fait en fin d’après midi, en famille, les parents sortant tôt de leur travail. Après ce repas, les membres de la famille s’adonnent à leur loisirs favoris qui se résument à des activités sportives et, ou culturelles.

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              À l'occasion d'un prochain chapitre, j'évoquerai la place du sport en Norvège et de quelques uns de leurs champions.

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Posté par marcel-tauleigne à 09:48 - Commentaires [2] - Permalien [#]