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le blog de marcel tauleigne
4 janvier 2016

Flambeau: Suite et fin. (c)

 

                                   

Flambeau

Suite et fin 

 

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Photo empruntée au site de Lanslebourg.

 

              Il s’agit de l’histoire d’un chien vaguemestre dont la vie qui en est racontée là, remonte de 1930 à 1940 et dont l’existence a laissé des traces dans le cœur des hommes au point de lui avoir consacré un monument dans la rue principale de Lanslebourg, village de Haute Maurienne.

 

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Série de forts entre Modane et Lanslebourg. Photos internet.

  

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Retour

 

          Flambeau est un chien militaire. Il a des missions à accomplir, dont celle de vaguemestre dans laquelle il va s’illustrer. Auparavant, et après avoir servi dans plusieurs unités de chasseurs alpins comme chien d’avalanches, dans l’acheminement de munitions vers des bases avancées, il est muté au Camp Napoléon à Lanslebourg.                                  

         En hiver, il sera pratiquement le seul lien entre la vallée et le fortin de Sollières, petit casernement perché à 2870 mètres d’altitude et que la neige isole plusieurs mois de l’année. Là, vit une vingtaine de soldats chargés de garantir la sécurité de nos frontières contre les Italiens avec lesquels s’entretiennent des conflits de territoire.

        Flambeau va servir en qualité de vaguemestre, mais également dans des missions de secours en haute montagne, à la recherche d’hommes égarés ou ensevelis sous la neige.

       Pour ceux qui l’on côtoyé, il fut bien plus qu’un chien. Il reste encore aujourd’hui le symbole du courage, du dévouement au service des hommes. Il se disait de lui qu’il était habité du sentiment d’humanité.

                                                                       

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Propos de l’écrivain-guide chamoniard Frison-Roche ;

 

                             _En service, Flambeau ne connaissait personne. Un jour, le lieutenant commandant la section d’éclaireurs du poste attendait une permission qui avait été remise une demie heure avant au chien vaguemestre. Cet officier devait prendre l’électro-bus le soir même et le temps pressait. Sachant que Flambeau suivait invariablement le même itinéraire, il chaussa ses skis et fut rapidement au Replat des Canons, au sommet de la belle forêt d’Arc. Flambeau l’y croisa et lui fit fête. Contrairement à ce qu’il attendait du chien, il ne réussit pas à retirer le pli le concernant de la sacoche de Flambeau.

        Par des feintes habiles, Flambeau s’esquivait à chacune des tentatives de l’officier. C’est ainsi qu’il continua sa route malgré les ordres absolus que lui dictait le lieutenant. Ce dernier n’eut comme ressource que celle de remonter au poste et d’attendre la distribution selon les formes habituelles….ce qui lui fit manquer son moyen de transport.

      À Sollières, Flambeau n’était pas uniquement attaché au courrier. Il prenait part, été comme hiver, à toutes les sorties de la section. Combien de fois, dans le brouillard, ramena t’il avec certitude la petite troupe qui peinait, cherchant sa route dans les solitudes glacées de la montagne. La tourmente ne le rebutait point. Jamais, pendant ses dix années de service il n’interrompit son travail.

        Cependant et à plusieurs reprises, Flambeau faillit y rester. Un jour, remontant au poste, il dut frayer son chemin dans la neige profonde. Le vent qui soufflait en rafales contrariait son ascension. Le devoir à accomplir l’obligeait à continuer. Luttant contre la fatigue et le poids de sa sacoche, auquel venait s’ajouter celui de la neige qui lui collait aux poils, il avançait. Parvenu près du col, la tempête redoubla d’intensité et le vent sa fureur. Flambeau ne progressait que par bonds successifs.

        Épuisé, roulé comme un fœtus, il s’arrêta aboyant plaintivement avec par instinct, l’espoir que l’on viendrait à sa rencontre. La nuit tomba sur la montagne. Alors, dans un ultime sursaut, Flambeau repartit à l’assaut des congères qui lui barraient le chemin. Enfin, il aperçut les cheminées du poste qui crachaient les étincelles du bois qu’elles brûlaient. Sauvé se pensa t’il.

        Trompé par la tourmente, il ne vit pas une corniche de neige soufflée qui céda sous son passage. Emporté par les débris d’une petite avalanche, il roula dans un ravin profond. Il était alors trop fatigué pour s’en sortir.

        Couché dans la neige, Flambeau resta inerte. Un blanc tapis lentement le recouvrait du linceul de la mort.

       Au poste, on s’inquiéta. Malgré la tourmente qui faisait rage, des hommes sortirent. Ils battirent les alentours du poste, mais le vent avait effacé toutes les traces qui auraient été de précieuses indications pour les chercheurs. Patrouillant dans toutes les directions possibles, les alpins désespérés à l’idée de ne pas pouvoir retrouver leur chien s’armaient à tour de rôle du courage et de l’’ardeur de ceux qui n’abandonnent pas.

      Deux jours et demi d’exploration de tous les recoins et Flambeau fut repéré. A demi-mort de froid et de fatigue, il trouva malgré tout la force d’émettre des signes de reconnaissance. Il fallut de rudes efforts aux soldats pour le tirer de sa fâcheuse position. Jamais chien ne fut plus soigné et dorloté. L'infirmier du poste le traita comme il le faisait pour ses camarades soldats. Jour après jour, la petite garnison suivait les progrès de son rétablissement.

       Dans une mission de recherche, Flambeau devait, peu de temps après sa guérison, montrer une ardeur particulière, au-delà de ses habitudes, à vouloir retrouver les victimes qu’une avalanche venait d’ensevelir.

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Commentaire de l’écrivain Stéphane Faugier :

 

                           _ Depuis une semaine il neigeait sur la Maurienne. En rafales, en tourbillons, en tempête. Les papillons blancs et glacés bondissaient , s’affolaient et dansaient dans les remous de l’air. Ils semblaient s’arracher du sol au point que l’on ne parvenait plus à distinguer si c’était les nuages qui tombaient du ciel sur la terre ou la terre qui crachait à la face du ciel jaune toute la hargne de froidure accumulée sur elle par quatre mois de plein hiver. Parfois, dans le tumulte des éléments déchaînes, une accalmie se faisait, impressionnante, au point que chacun s’arrêtait de parler.

         Dans cet hôtel de Lanslebourg, où la tourmente nous retenait, nous étions quelques skieurs rassemblés autour du bar, trompant la longue journée par d’interminables parties de poker d’as ou de billard. L’un de nous s’était levé, était allé à la fenêtre dont il avait frotté les vitres gelées. Revenu vers nous, il avait haussé les épaules :

_Ça continue, sale temps…..A ne pas mettre un chien dehors.

_Désolé cher monsieur, il y a justement un chien dehors : Flambeau, qui a du quitter le Fort de Sollières pour remplir ses fonctions de vaguemestre, parce que précisément, aucun homme ne peut passer d’où il vient.

        À la table voisine de la notre, un lieutenant de chasseurs venait de se lever. Il contrôla sa montre bracelet :

_ Si vous voulez en avoir la preuve, c’est justement l’heure où Flambeau doit arriver.

        L’invitation était trop tentante pour que je ne l’acceptasse point. Le temps de rabattre sur mes oreilles une casquette norvégienne, de me ganter de solides moufles et de chausser mes skis, j’étais dehors en compagnie du lieutenant. Il faisait un froid noir. Nous avancions péniblement dans la neige épaisse. A l’autre bout du village, des aboiements furieux s’entendaient.

                                 

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Chasseurs alpins dans les années 1930. Photo empruntée au Net

 

        _ Flambeau nous a devancés, me dit mon compagnon. Vous entendez là des aboiements de provocation que lui lancent des congénères à son passage. Comme vous pouvez le constater, aucun hurlement de bataille. Lorsqu’il est en mission, Flambeau ne s’arrête pas.

         Quelques instants après, dans le bureau du vaguemestre du 99 e R.I.A  (Régiment d’Infanterie Alpine ), je devais voir Flambeau qui délesté de ses sacs de dépêches et de lettres, lapait avec tous les signes extérieurs de vive satisfaction une grande écuelle de soupe chaude. La neige achevait de fondre en longues rigoles de sa fourrure épaisse. A l’arrivée du lieutenant, il interrompit son repas, se dressa contre l’officier qui caressa son museau gris.

-Eh bien, vieux chien, qu’est ce qu’il y a de nouveau la haut ?

_ Rien, mon lieutenant, répondit le sergent vaguemestre. Tout le monde va bien. Il parait qu’il fait encore plus mauvais qu’ici, les camarades s’ennuient un peu. Ils voudraient une lampe basse fréquence pour le poste et ils réclament les derniers journaux.

       Flambeau était retourné à son écuelle. Il en lécha consciencieusement les bords, puis vint vers nous, nous regarda de ses beaux yeux intelligents :

_ Ça va Flambeau, tu as quartier libre jusqu'à demain……..

        En trois bonds le chien fut à la porte. Il se dressa sur ses pattes de derrière, fit jouer le bec de canne, et disparut. Le vaguemestre alluma sa pipe à un tison :

_ Prêtez un peu l’oreille, monsieur !

       Trois minutes ne s’étaient pas écoulées que d’effroyables hurlements retentirent, puis d’autres, puis d’autres plus loin.

_ Comme je vous l’expliquais tout à l’heure, me dit le lieutenant, Flambeau, quelque insulte qu’il reçoive de ses pareils, ne s’arrête jamais lorsqu’il est en mission. Ce n’est qu’après qu’il règle ses comptes…….

………..On gratta à la porte, avec une bouffée de neige Flambeau rentra digne et modeste comme il sied au vainqueur. Pas une touffe ne manquait à son poil. Il nous jeta un regard complice, étira voluptueusement ses pattes devant le feu et se mit à ronfler avec la conscience du devoir accompli…..

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De monsieur Ernest Gravier, Conseiller général:

 

                 _On peut dire que Flambeau était, dans la petite cité ‘’Lanslebourgeoise,’’ quelqu’un  considéré par la population comme un soldat : tels ses compagnons du 99 e R.I.A et du 13e B.C.A.

         N’avait il pas comme eux, des missions dangereuses ?.

         Ne possédait il pas son matricule et son livret militaire comme tout fier soldat, qu’il soit en kaki, en bleu horizon ou bleu jonquille ?

        N’avait il pas une citation et la Croix de guerre ?

……………Pendant dix années, tous les jours, à la même heure, environ midi, le maire de la commune, monsieur Cosne-gravier, mon père, a vu passer Flambeau. Porteur de ses sacoches, allant en direction du quartier Napoléon. Il longeait le trottoir, toujours celui de droite évitant autant que possible tous les chiens civils,.....mais marquant un temps d’arrêt instinctif devant le domicile du maire. Il faut dire que Flambeau était présent à toutes les aubades données par les fanfares du 99 e R.I.A et du 13 e B.C.A à l’adresse du maire. Flambeau y siégeait comme un officiel.

         La lettre ensachée au Fortin de Sollières à dix heures, portée à Lanslebourg par Flambeau arrivait aux alentours de midi pour repartir en direction de Chambéry, Lyon, Paris…….

        Flambeau reprenait sa charge au début de l’après midi pour son lieu préféré : le Fortin de Sollières-Mont-Froid où il retrouvait ses frères d’armes, Fauvette sa compagne, flic et Floc ses fils.

        Si j’ai rappelé le souvenir de mon Père en parlant de Flambeau, c’est parce qu’il l’aimait beaucoup et l’admirait pour la pénibilité de ses missions et pour toutes les qualités que possédait ce chien d’exception.

         Les maires de Lanslebourg, successeurs de mon père, le maire de Sollières-Sardières de l’époque, qui également a bien connu et aimé Flambeau, ont la même pensée et s’associent pleinement avec la population du village à l’érection du ‘’monument Flambeau’’

          En m’excusant de présenter si simplement, par la plume la maquette du monument , je voudrais qu’il concrétise sur le roc, au-delà des années, l’exemple et la flamme de Flambeau.

                         

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Le monument édifié dans la rue principale de Lanslebourg. Photo de juin 2013

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De Madame et monsieur Bertmans :

 

                            _Depuis un an déjà ce serviteur fidèle a été mis à la retraite. Il vit à Lanslebourg au 13 e B.C.A.

        Un autre chien est mis vaguemestre à sa place. Mais point un quelconque autre chien, car Soso qui assume désormais cette charge n’est autre que l’un des fils de Flambeau.

        Soso est né en janvier 1937. A l’âge où les enfants des hommes accomplissent leurs premiers pas, Soso, fils de chien entrait dans le monde des grands. Depuis, régulièrement, quotidiennement, il porte le courrier au poste. Il est rapide, battant même les records de son père. Il n’est que sa conduite qui laisse un peu à désirer : Soso se laisse trop facilement approcher par les personnes étrangères au service, mais à cela on s’occupe à lui apporter remède.

       Flambeau contribua à l’éducation de son fils et sans doute dut il quelquefois, le voyant arriver dans la cour du quartier où il coulait maintenant des jours paisibles, regretter le temps heureux de son alerte jeunesse, alors qu’il allait, lui aussi, par les sentiers et les pistes embaumés de printemps. Une année passa ainsi, puis ce fut le retour de l’hiver mélancolique.

      Le 13 octobre 1938, Flambeau, par cet extraordinaire instinct que seules les bêtes possèdent, comprenant que sa fin était proche déserta le lieu habituel de son repos. Sans qu’on s’en aperçût, il sortit du quartier, passa le pont qui enjambe l’Arc et bientôt disparut dans le bois dont les mélèzes portaient, eux aussi, marque de leur mort temporaire et prochaine.    

                                

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 Le fort de Ronce, En bas: Le lac du Montcenis. Photo empruntée au Net 

 

                              Sur les feuilles et les épines roussies qui déjà, par-ci par-là, jonchaient le sol, Flambeau, les membres las, engourdis par la poids des ans et celui de son grand labeur, montait vers la redoute…….Il lui sembla ne plus reconnaître les lieux, tant le chemin mille fois parcouru lui paraissait long.

        Se pouvait il que la forêt fût si loin !

      Se pouvait il que ses pattes, vraiment, fussent si vieilles !.....

        Il arriva au Fort de Sollières à la chute du jour. L’alpin de garde qui le vit, aussitôt le reconnu. Constatant sa faiblesse, après avoir appelé les hommes du fort, s’étonna :

_ Eh bien Flambeau qu’as-tu ?

 

Empruntons la suite au récit de Frison Roche ;

 

                    Flambeau s’était couché devant la porte. Sensible aux caresses que lui prodiguaient les soldats, il regardait avec douceur le paysage. Sous la fraîcheur de la brise, il releva une dernière fois la tête, puis, devant la section rassemblée, rendit le dernier soupir.

         Les hommes, furtivement, séchèrent de leurs doigts rugueux les larmes qui perlaient au coin de leurs paupières. Ainsi mourut Flambeau.

        Il fut inhumé avec les honneurs militaires, suprême hommage des soldats à un des leurs.

                                                     _________________________

 

_De monsieur Denis Guillot, ancien du 99 e R.I.A

 

           _. Hommes, saluez la vie, non d’un des vôtres, mais d’un chien-loup dont le nom, Flambeau , symbolisait déjà une lumière de bonté et de dévouement.

             Mon cher Flambeau, en réunissant dans cette plaquette les souvenirs de ceux qui t’ont connu, j’ai l’impression, par delà les années, de te caresser encore une fois. 

              

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           Après la mort de Flambeau, derrière le bâtiment A, les alpins du 99 e R.I.A avait élevé une pierre sur sa tombe. Quelques années plus tard, la seconde guerre mondiale devait ravager le Fort de Sollières, la pierre tombale et réduire Lanslebourg en cendres. En 1953, seulement la petite ville commença à montrer son nouveau et fier visage.

         L’idée de perpétuer, par l’érection d’un monument, son exemple et son dévouement, naquit dans l’esprit des habitants de Lanslebourg et en particulier de l’ancien maire, Monsieur Gravier Père. A eux s’étaient joints madame et monsieur Bertmans : Présidents de la société protectrice des animaux. Une souscription fut ouverte que monsieur le Président Herriot honora l’un des premiers de son obole.

         Le 7 septembre 1953, la mémoire de Flambeau était évoquée par monsieur Denis Guillot à l’occasion d’un reportage de la radiodiffusion au Montcenis. Le 11 septembre qui suivit, à l’exposition canine de Chambéry, un stand fut dressé par la S.P.A à la mémoire de Flambeau. Mille fois visité, on y vit d’anciens chasseurs alpins les larmes aux yeux.

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                 La connaissance des dangers de la montagne permirent à Flambeau de diriger des reconnaissances, d’empêcher l’aventure dans des endroits dangereux à ses camarades et sa modestie ne le portait même pas à faire allusion aux quelques dix civils et militaires qu’il avait arrachés à leur linceul de neige.

     Un jour le colonel le cita à l’ordre du Régiment. Cela ne le rendit pas orgueilleux. Au contraire, il continua sa longue et lourde tâche qui devait durer dix ans. Mais toute existence a une fin. Alors qu’à bout de force il se trouvait à l’infirmerie de la vallée, il ne voulut pas mourir trop loin du ciel. Dans un suprême effort il gravit une dernière fois son calvaire, revit ses camarades et expira dans le poste, face çà un horizon à la mesure de celui de sa vie.

              

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Eloge-au-chien-Flambeau

 

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         Cette suite de propos sur Flambeau a été recueillie par Denis Guillot, ancien du 99 e R.I.A.

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               * Pour ma part, je n’ai fait, pour la beauté de l’histoire et pour votre plaisir à la lire, je l'espère, que retranscrire les témoignages des personnes citées. J’en ai réécrit certains passages pour en écourter des chapitres, dont le contenu était hors sujet pour l’objectif que je voulais cibler. C'est à dire celui ne traitant que de l'aspect exceptionnel de la vie de ce chien.

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